Par Aurélie, M2M Network.

En bref : un interphone GSM ou un ouvre-portail GSM dont le module ne connaît que la 2G cesse d’appeler et d’obéir dès que l’opérateur de sa carte SIM éteint ce réseau. Sur le réseau d’Orange, que suit Free, c’est fait en métropole depuis le 20 octobre 2026, sauf dans les zones blanches réglementaires où la 2G s’arrête du 1er au 15 décembre ; chez SFR, l’arrêt est prévu le 15 novembre 2026 ; chez Bouygues Telecom, la coupure commence le 15 novembre et se généralise du 1er au 15 décembre 2026. Changer la carte SIM ne suffit pas : il faut un module 4G, compatible avec la voix sur 4G (VoLTE) si l’appareil téléphone, et une carte SIM dont l’offre inclut le service utilisé.

L’Arcep cite expressément « des interphones et visiophones connectés » parmi les équipements qui peuvent encore dépendre de la 2G et de la 3G. Cet article s’adresse aux installateurs, aux syndics et aux gestionnaires de sites : résidences, parkings, entrepôts, sites industriels. Pour les transmetteurs d’alarme, voir notre article sur la fin de la 2G et de la 3G pour les alarmes.

Comment fonctionnent un interphone et un portail GSM

Un interphone GSM remplace la ligne téléphonique par un module radio GSM muni d’une carte SIM. Le fabricant Castel résume le principe dans son catalogue d’interphonie GSM : le visiteur appuie sur le bouton de la platine de rue, l’appel arrive directement sur un téléphone fixe ou mobile, avec renvoi vers un autre numéro en cas de non-réponse ou d’occupation, et la personne appelée peut commander l’accès depuis son téléphone. L’installation évite de tirer un câble jusqu’au bâtiment, et Castel la présente comme adaptée aux accès isolés ou éloignés du bâtiment.

L’ouvre-portail GSM fonctionne dans l’autre sens : c’est l’utilisateur qui appelle le module. La fiche d’un ouvre-portail GSM 4G vendu par Mectronica décrit le mécanisme : le module reconnaît le numéro appelant parmi les numéros autorisés, rejette l’appel, ce qui évite de le facturer, et actionne le relais du portail. La liste des numéros se gère à distance par SMS protégé par mot de passe ; Castel propose de même une liste blanche de numéros et une programmation par SMS ou par le web.

Trois services du réseau mobile peuvent donc être en jeu : l’appel vocal (interphone), la reconnaissance d’un appel entrant (portail) et les SMS (commandes et réglages). Certains fabricants utilisent aussi une liaison de données. Sur son site international, Intratone indique ainsi que ses interphones n’utilisent le réseau mobile que pour la mise en service et les mises à jour, les badges, télécommandes et codes continuant de fonctionner sur place.

Interphone GSM en 2G : comment savoir si vous êtes concerné

Cinq vérifications suffisent, dans cet ordre :

  1. Lire la fiche technique ou l’étiquette du module. Une mention limitée à « GSM », « GPRS » ou « 900/1800 MHz » désigne un module 2G. Exemple chez SafeLine, qui fabrique des modules d’appel pour ascenseurs sur le même principe : le GL1 est « compatible 2G (900/1800 MHz) », le GL1-4G est compatible 2G, 3G et 4G (800/900/1800/2100/2600 MHz). Une fiche 4G liste des bandes LTE, par exemple B1, B3, B5, B7, B8 et B20 pour la passerelle 2N EasyGate IP en version européenne.
  2. Identifier l’opérateur de la carte SIM. C’est sa date de coupure qui s’applique, quel que soit le fabricant de l’interphone.
  3. Faire un essai réel : appel depuis la platine, ouverture par appel depuis un numéro autorisé, envoi d’un SMS de commande. Sur une carte Orange ou Free, un module 2G seul ne fonctionne déjà plus hors zones blanches.
  4. Vérifier l’âge du matériel auprès du fabricant. Intratone, par exemple, indique être passé à la 4G en 2015 et ne plus produire de modules dépendant de la 2G depuis mars 2021.
  5. Demander un diagnostic. L’Arcep recommande d’établir dès maintenant un diagnostic de ses équipements avec son fournisseur de service ou de matériel.

Changer la carte SIM ne règle rien si le module est limité à la 2G : c’est son modem radio qui est obsolète. Une carte 4G n’y change rien, et SafeLine précise d’ailleurs que son module 2G ne fonctionne pas avec une carte qui ne supporte que la 3G et la 4G.

Remplacer le module par un modèle 4G : voix, SMS ou données

Le remplacement ne touche pas forcément toute l’installation. Chez Castel, le module GSM est une interface distincte de la platine de rue, et Intratone indique que le câblage, les centrales et les lecteurs de badges peuvent être conservés lors du remplacement de ses modules 2G. Reste à choisir le fonctionnement en 4G, qui conditionne la carte SIM :

UsageEn 2GEn 4GCe que la carte SIM doit offrir
Appel de la platine vers un téléphone fixe ou mobileappel vocal en circuitappel en VoLTEvoix avec VoLTE activée
Ouverture par appel d’un numéro autoriséappel entrant reconnu puis rejetéappel entrant en VoLTE ; sans VoLTE, certains modules ne fonctionnent qu’en SMSvoix avec VoLTE, présentation du numéro appelant
Commandes et réglages par SMSSMSSMS sur 4GSMS inclus
Application, visiophone connecté, voix sur IPdonnées GPRSdonnées 4Gdonnées, avec en option IP fixe ou APN privé

Pour tout ce qui touche à la voix, la consigne de l’Arcep vaut ici aussi. Dans son guide numérique des entreprises, édition 2026, elle rappelle qu’un téléphone compatible 4G peut ne permettre que l’usage des données, sans les appels vocaux ni certains SMS et MMS, et demande, pour les équipements spécifiques qui reposaient sur la 2G ou la 3G pour la voix, de vérifier auprès du fabricant leur compatibilité avec le paramétrage VoLTE de chaque opérateur, puis de tester les appels en 4G. Mectronica l’écrit sur la fiche de son ouvre-portail 4G : il faut une carte SIM avec données et voix compatible VoLTE, sans quoi la commande à distance ne fonctionne qu’en mode SMS.

Le mécanisme est connu des opérateurs. Orange explique qu’un appareil 4G qui n’est pas compatible VoLTE garde l’accès aux données, mais que ses appels voix ne peuvent pas être acheminés. La GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, décrit dans son guide NG.121 (version 3.0, janvier 2025) des appels qui reposent, sans voix sur 4G, sur un repli vers la 2G ou la 3G : ce repli disparaît avec ces réseaux.

Deux fausses solutions sont à écarter. Un module 3G ne fait que repousser l’échéance à 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR, ou fin 2029 chez Bouygues Telecom. Le retour à une ligne téléphonique fixe n’est pas durable non plus : la DGE et l’Arcep rappellent qu’Orange a annoncé la fermeture commerciale du réseau cuivre en janvier 2026 et sa fermeture technique d’ici 2030.

Interphone 4G : choisir la carte SIM

Une fois le module choisi, la carte SIM se choisit sur cinq critères :

  • Voix ou données. L’appel vers un téléphone et l’ouverture par appel exigent une offre avec la voix et la VoLTE. Une commande par application ou une liaison en voix sur IP se contente de données. Une carte data seule ne fait pas sonner un téléphone.
  • SMS. Si les réglages ou les ouvertures passent par SMS, vérifiez qu’ils sont inclus dans l’offre et qu’ils fonctionnent avec le module en 4G.
  • Opérateur et couverture. Une platine est souvent posée dans un mur, un pilier ou un coffret métallique. Selon l’Arcep, les cartes de couverture de son site « Mon réseau mobile » sont des simulations des opérateurs, et celles des données mobiles décrivent la couverture à l’extérieur des bâtiments : mesurez sur place. Une antenne déportée peut aider ; Castel en propose une avec 10 mètres de câble.
  • Un ou plusieurs réseaux. Une carte multi-opérateurs peut utiliser plusieurs réseaux, ce qui sécurise une liaison en données en limite de couverture. Pour la voix, faites confirmer que la VoLTE fonctionne sur chacun des réseaux utilisés : la GSMA rappelle qu’en itinérance, la voix sur 4G n’est disponible que si elle a été ouverte entre les opérateurs.
  • Carte fournie avec le matériel. Certaines offres d’interphonie GSM sont vendues avec une carte prépayée pour dix ans ; c’est le cas des packs Castel. Demandez sur quel réseau et en quelle technologie fonctionne cette carte, et si elle gère la VoLTE, faute de quoi elle subira la même échéance que le module.

Migrer un parc d’interphones et de portails en six étapes

Pour un bailleur, un syndic ou un exploitant de plusieurs sites, la migration s’organise comme un petit projet :

  1. Recenser chaque site : adresse, modèle de module, opérateur de la carte, fonction utilisée (appel, ouverture par appel, SMS, application).
  2. Prioriser selon l’opérateur : cartes Orange et Free d’abord, puis SFR et Bouygues Telecom avant le 15 novembre 2026.
  3. Choisir le module 4G avec l’installateur, en exigeant la compatibilité VoLTE avec l’opérateur retenu dès que la voix est utilisée.
  4. Commander les cartes SIM adaptées à chaque usage : voix et VoLTE, SMS, ou données seules.
  5. Après la pose, tester l’appel sortant depuis la platine, l’ouverture par appel depuis chaque numéro autorisé et les commandes par SMS, puis recharger la liste des numéros autorisés.
  6. Consigner le modèle, le numéro de carte et l’opérateur dans l’inventaire du site, et écarter des futurs appels d’offres tout équipement reposant sur la 2G ou la 3G, comme le recommande l’Arcep.

Ce que propose M2M Network

M2M Network fournit des cartes SIM M2M sur le réseau d’Orange, de SFR ou de Bouygues Telecom au choix, ainsi que des cartes SIM IoT multi-opérateurs, en eSIM ou en SIM physique, avec en option l’IP fixe, la 5G et l’APN privé. Pour un interphone, un visiophone ou un portail piloté par application ou en voix sur IP, une carte SIM data convient, et les forfaits se commandent sur la boutique. Pour un module qui doit téléphoner ou reconnaître un appel entrant, l’offre doit inclure la voix sur 4G : indiquez le modèle du module et l’usage dans votre demande via la page contact. Le fonctionnement de la carte multi-opérateurs est décrit sur notre page carte SIM IoT.

À lire aussi

Questions fréquentes

Mon interphone GSM fonctionne encore : suis-je concerné ?

Oui si son module est limité à la 2G. Avec une carte SFR ou Bouygues Telecom, il fonctionnera jusqu’à la coupure de votre zone, entre le 15 novembre et le 15 décembre 2026. Avec une carte Orange ou Free, la 2G est arrêtée en métropole depuis le 20 octobre 2026, sauf dans les zones blanches réglementaires où elle s’arrête du 1er au 15 décembre.

Puis-je seulement changer la carte SIM de mon interphone ?

Non si le module est limité à la 2G : son modem radio ne sait pas utiliser la 4G, quelle que soit la carte. Il faut un module 4G, puis une carte SIM adaptée à l’usage (voix et VoLTE, SMS ou données).

Pourquoi mon portail GSM 4G ne s’ouvre-t-il pas quand j’appelle ?

Une cause possible est l’absence de VoLTE : l’offre de la carte ne l’inclut pas, ou le module n’est pas compatible avec le paramétrage VoLTE de l’opérateur. Mectronica précise que, sans VoLTE, son ouvre-portail 4G ne fonctionne qu’en mode SMS. Vérifiez l’offre auprès de l’opérateur et la compatibilité auprès du fabricant.

Une carte SIM data suffit-elle pour un interphone 4G ?

Seulement si l’interphone fonctionne en données : application, visiophone connecté ou voix sur IP. Un interphone qui appelle un téléphone fixe ou mobile, ou un portail qui s’ouvre par appel, a besoin d’une offre avec la voix et la VoLTE.

Un module 3G est-il une solution d’attente raisonnable ?

Non. La 3G s’arrête en 2028 chez Orange et fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom, ce qui imposera une seconde intervention. L’Arcep recommande d’écarter des appels d’offres les équipements reposant sur la 2G et la 3G.

Sources