Par Aurélie, M2M Network.

En bref : le nombre d’objets connectés atteindra 40,8 milliards de connexions en 2030 selon GSMA Intelligence (mars 2026), toutes technologies confondues. La part cellulaire, celle qui passe par une carte SIM, une eSIM ou une iSIM, est bien plus réduite : environ 4,5 milliards de connexions fin 2025 et 7,8 milliards attendues fin 2031 selon l’Ericsson Mobility Report de juin 2026, en majorité sur les réseaux 4G et 5G. En France, l’Arcep compte 26 millions de cartes SIM MtoM à fin juin 2026, et 2,01 millions de cartes M2M restent dans des appareils limités à la 2G ou à la 3G, deux réseaux qui s’éteignent entre fin 2026 et fin 2029.

Cet article rassemble les prévisions publiques, chacune avec sa source et sa date, puis les secteurs qui tirent la croissance, les technologies qui porteront ces objets, la place attendue de l’eSIM et ce que cela change pour une entreprise française qui équipe un parc aujourd’hui.

Nombre d’objets connectés en 2030 : les prévisions publiques

Les chiffres qui circulent ne mesurent pas la même chose. Certains comptent tous les objets connectés, y compris en Wi-Fi ou en Bluetooth ; d’autres seulement l’IoT cellulaire, qui utilise un abonnement mobile.

Source et datePérimètrePoint de départProjection
GSMA Intelligence, mars 2026Toutes les connexions IoTCroissance de 8 % par an de 2023 à 203040,8 milliards en 2030, 52,9 milliards en 2035
Ericsson Mobility Report, juin 2026Toutes les connexions IoT22,3 milliards fin 202547,1 milliards fin 2031
Ericsson Mobility Report, juin 2026IoT cellulaire4,5 milliards fin 20257,8 milliards fin 2031, soit 10 % par an
Juniper Research, juin 2025IoT cellulaireHausse de 60 % entre 2025 et 20306,5 milliards en 2030
GSMA, fin 2025NB-IoT et LTE-M1 milliard de connexions actives fin 2025Non chiffrée
GSMA, Mobile Economy Europe, janvier 2025IoT cellulaire sous licence en EuropeNon précisé545 millions en 2030, dont environ 10 % en France

Deux lectures s’imposent. D’abord, l’IoT cellulaire reste minoritaire : dans les chiffres d’Ericsson, il représente environ 20 % des connexions IoT fin 2025 et un peu moins de 17 % fin 2031, car les connexions à courte portée progressent plus vite (de 17,5 à 38,8 milliards). Ensuite, les prévisions cellulaires se tiennent : 6,5 milliards en 2030 pour Juniper Research, 7,8 milliards un an plus tard pour Ericsson.

Ericsson précise la répartition : les connexions IoT haut débit et critiques, en 4G et en 5G, représentaient environ 2,6 milliards fin 2025, près de 60 % du total, et la majorité des connexions IoT cellulaires restera dans cette catégorie fin 2031. Les réseaux bas débit dédiés aux objets, NB-IoT et LTE-M, ont dépassé le milliard de connexions actives fin 2025 selon la GSMA.

En France : 26 millions de cartes SIM MtoM

L’Arcep, le régulateur des télécoms, publie chaque trimestre le nombre de cartes SIM MtoM (machine to machine) en service. La série montre une croissance longue, avec des à-coups dus aux résiliations de cartes inactives.

DateCartes SIM MtoM en FranceCommentaire de l’Arcep
Fin 201920,9 millionsForte croissance depuis trois ans
Fin 202324,4 millionsHausse de 750 000 cartes au quatrième trimestre, après deux trimestres de repli
Fin septembre 202425,9 millionsCroissance de 650 000 cartes sur le trimestre
Fin 202423,7 millionsRésiliations importantes de cartes inactives, baisse de 2,5 % sur un an
Fin juin 202626 millionsCroissance depuis début 2025, ralentie à 80 000 cartes au deuxième trimestre 2026

Rapportées aux 84,7 millions de cartes SIM hors MtoM comptées à la même date, les cartes MtoM représentent près d’une carte SIM sur quatre en service en France. Pour l’avenir, la GSMA attribue à la France environ 10 % des 545 millions de connexions IoT cellulaires sous licence attendues en Europe en 2030, soit de l’ordre de 55 millions. Les deux séries ne mesurent pas exactement la même chose, des cartes SIM d’opérateurs français d’un côté, des connexions de l’autre : l’écart donne un ordre de grandeur, pas une prévision.

Le parc doit aussi se renouveler. À fin juin 2026, l’Arcep compte 2,01 millions de cartes SIM M2M dans des appareils compatibles uniquement avec la 2G ou la 3G (hors cartes montées par les constructeurs automobiles), soit 7,7 % du parc concerné, contre 3,19 millions un an plus tôt : 620 000 en 2G seule et 1,39 million en 2G et 3G. Selon le calendrier mis à jour par l’Arcep le 10 septembre 2026, la 2G s’éteint par vagues jusqu’à fin décembre 2026 chez Orange (et pour Free Mobile, qui utilise ce réseau), le 15 novembre 2026 chez SFR, et chez Bouygues Telecom le 15 novembre 2026 dans quatre communes puis du 1er au 15 décembre 2026 partout. La 3G suivra en 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom. Les conséquences pour les alarmes sont détaillées dans notre article sur la fin de la 2G et de la 3G.

Les secteurs qui tirent la croissance

Selon GSMA Intelligence, les usages d’entreprise représenteront 65 % des connexions IoT en 2030 et 69 % en 2035. Trois secteurs mènent : les bâtiments intelligents (15 % de croissance annuelle jusqu’en 2030), la fabrication intelligente (12 %) et les réseaux d’énergie et d’eau (10 %). Ces taux portent sur l’ensemble de l’IoT, pas sur le seul cellulaire, mais ils indiquent où se trouvent les volumes.

Énergie, eau et infrastructures

La GSMA cite les compteurs d’énergie et d’eau, la surveillance des réseaux, des ponts, des canalisations et de l’éclairage public parmi les usages des réseaux NB-IoT et LTE-M, avec des objets conçus pour fonctionner plus de dix ans sur une seule batterie. La recharge des véhicules électriques ajoute un parc de bornes à superviser à distance, que nous traitons dans notre article sur la carte SIM pour borne de recharge.

Véhicules

Le règlement européen (UE) 2015/758 impose depuis le 31 mars 2018 un système d’appel d’urgence embarqué, l’eCall, sur les nouveaux types de voitures et de véhicules utilitaires légers. Ce système reposait sur les réseaux 2G et 3G. Un règlement délégué de la Commission du 14 février 2024 le fait passer aux réseaux 4G et 5G : depuis le 1er janvier 2026, les nouvelles réceptions par type non conformes sont refusées, et à partir du 1er janvier 2027 les certificats de conformité des véhicules neufs non conformes ne seront plus valides. Counterpoint Research range de son côté la voiture connectée parmi les catégories qui ont beaucoup à gagner de l’eSIM ou de l’iSIM.

Santé

Depuis le 1er juillet 2023, la télésurveillance médicale est remboursée dans le droit commun. Pour l’insuffisance rénale chronique, inscrite par un arrêté du 22 juin 2023, le dispositif médical numérique doit transmettre les données au minimum chaque semaine et générer des alertes, notamment en cas de non-transmission des données, alertes que l’opérateur ne peut pas désactiver. La fiabilité de la liaison devient ainsi une exigence réglementaire, quelle que soit la technologie choisie. Notre article sur l’IoT médical présente les usages.

Industrie, agriculture et villes

Le 3GPP, qui normalise les réseaux mobiles, a conçu la 5G RedCap d’abord pour les capteurs industriels sans fil, la vidéosurveillance et les objets portés, et prévoit dans sa Release 18 des usages pour la ville intelligente et la santé connectée. La GSMA cite pour l’agriculture le suivi des sols, de l’irrigation et du bétail, et souligne que la couverture des zones rurales permet de collecter des données sans maintenance fréquente.

Les technologies qui porteront ces objets

Selon Ericsson, la 4G et la 5G porteront la majorité des connexions IoT cellulaires jusqu’en 2031, à côté des réseaux bas débit et d’une 5G allégée.

TechnologieOrigineUsages visésSituation en France
4G LTE Cat-1 et Cat-1 bis3GPP, 4GDébit moyen (Cat-1 : 10 Mbit/s en réception, 5 Mbit/s en émission selon Ericsson)Plus de 99,8 % des sites 2G et 3G sont déjà équipés en 4G selon l’Arcep
LTE-M3GPP Release 13Objets mobiles, mises à jour à distance, remplacement des usages 2GPlus de 99 % de la population métropolitaine couverte chez Orange (bande 800 MHz) ; plus de 99 % chez Bouygues Telecom depuis fin 2022
NB-IoT3GPP Release 13Messages courts, capteurs enterrés ou peu accessiblesPlus de 99 % de la population couverte chez Bouygues Telecom depuis fin 2022
5G RedCap3GPP Release 17Capteurs industriels, vidéosurveillance, objets portésLancée par 14 opérateurs dans le monde selon Ericsson, sans détail par pays
5G eRedCap3GPP Release 18Usages proches du LTE Cat-1, 10 Mbit/s en pointePlein potentiel commercial attendu en 2028 et au-delà selon Ericsson
2G et 3GGénérations précédentesUsages héritésExtinction de fin 2026 à fin 2029

La RedCap réduit la complexité de la 5G : une bande de 20 MHz au plus en fréquences basses, une seule antenne de réception possible, jusqu’à 226 Mbit/s en réception selon le GSA, l’association des fournisseurs du secteur. Elle suppose en revanche un cœur de réseau 5G autonome (SA), encore inégalement déployé selon le même GSA. Ericsson compte 42 opérateurs dans 27 pays qui y investissent. La comparaison entre LTE-M et NB-IoT est détaillée dans notre guide LTE-M ou NB-IoT.

SIM, eSIM ou iSIM : la répartition attendue en 2030

Pour l’IoT cellulaire, GSMA Intelligence projette en 2030, sur 21 pays étudiés, 42 % d’eSIM, 34 % d’iSIM (la SIM intégrée au processeur) et 24 % de cartes SIM amovibles (The Mobile Economy 2026, février 2026). Counterpoint Research prévoyait en juillet 2024 plus de 9 milliards d’appareils compatibles eSIM ou iSIM livrés entre 2024 et 2030, avec près de 70 % des appareils cellulaires livrés en 2030 compatibles, et une croissance de 160 % par an pour l’iSIM.

La norme qui rend l’eSIM pratique pour les objets, SGP.32 de la GSMA, entre en service : Juniper Research attendait les premiers déploiements fin 2025, et un article de la GSMA de mai 2026 rapporte que, pour le cofondateur d’Emnify, SGP.32 deviendra la solution par défaut des déploiements IoT. Le même article rappelle que l’interopérabilité entre puces, logiciels et plateformes reste la principale difficulté. Le fonctionnement de la norme est expliqué dans notre article sur SGP.32.

La carte amovible ne disparaît donc pas d’ici 2030 : un quart du marché selon la projection de GSMA Intelligence, et l’essentiel du parc déjà installé.

Ce que cela implique pour une entreprise française

  1. Recenser les objets 2G et 3G du parc et planifier leur remplacement : la 2G s’arrête d’ici fin 2026, la 3G entre 2028 et fin 2029 selon l’opérateur.
  2. Choisir la radio pour toute la durée de vie de l’objet : 4G (Cat-1 ou Cat-1 bis) ou LTE-M pour la plupart des usages, NB-IoT pour les messages courts et les emplacements difficiles ; la 5G RedCap commence à se déployer, et l’eRedCap n’atteindra son plein potentiel commercial qu’à partir de 2028 selon Ericsson.
  3. Décider du format de SIM et de la gestion des profils : carte amovible pour un parc accessible, puce soudée et eSIM pour les objets scellés ou les grands parcs, en sachant qui pilotera les profils.
  4. Vérifier la couverture site par site, et prévoir une carte multi-opérateur quand les sites sont dispersés.
  5. Anticiper la réglementation sectorielle : l’eCall en 4G dans l’automobile, l’obligation de transmission en télésurveillance médicale, et les textes propres à chaque secteur.

Ce que propose M2M Network

M2M Network fournit des cartes SIM M2M mono-opérateur sur le réseau d’Orange, de SFR ou de Bouygues Telecom au choix, et des SIM IoT multi-opérateurs qui basculent automatiquement d’un réseau à l’autre, en SIM physique ou en eSIM, avec IP fixe, 5G ou APN privé en option. Une offre de data à la consommation, facturée au Mo, existe pour les objets qui échangent peu. Les forfaits se commandent sur la boutique M2M Network ; un parc à migrer de la 2G ou de la 3G fait l’objet d’une offre sur mesure via le formulaire de contact.

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Questions fréquentes

Combien y aura-t-il d’objets connectés en 2030 ?

GSMA Intelligence prévoit 40,8 milliards de connexions IoT en 2030, toutes technologies confondues (prévision de mars 2026). La part cellulaire, qui utilise une carte SIM ou une eSIM, est estimée à 6,5 milliards en 2030 par Juniper Research et à 7,8 milliards fin 2031 par Ericsson.

Combien de cartes SIM M2M sont en service en France ?

L’Arcep compte 26 millions de cartes SIM MtoM en France à fin juin 2026, contre 20,9 millions fin 2019. La croissance a ralenti au deuxième trimestre 2026, avec 80 000 cartes de plus contre 310 000 un an plus tôt.

L’eSIM va-t-elle remplacer la carte SIM dans l’IoT ?

En partie seulement d’ici 2030. GSMA Intelligence projette pour l’IoT cellulaire, sur 21 pays, 42 % d’eSIM, 34 % d’iSIM et 24 % de cartes SIM amovibles en 2030. Le parc déjà installé restera longtemps en cartes amovibles.

Qu’est-ce que la 5G RedCap ?

La RedCap (Reduced Capability) est une 5G simplifiée définie par le 3GPP dans sa Release 17 : bande de 20 MHz au plus en fréquences basses, une seule antenne de réception possible, consommation réduite. Elle vise les capteurs industriels, la vidéosurveillance et les objets portés ; Ericsson attend le plein potentiel commercial de sa version allégée, l’eRedCap (Release 18, 10 Mbit/s en pointe), à partir de 2028.

Un objet 3G fonctionnera-t-il encore après 2028 ?

Cela dépend de l’opérateur : selon l’Arcep, la 3G s’éteint en 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom, Free Mobile n’ayant pas encore annoncé de date. Un objet compatible uniquement 3G et 2G cessera de communiquer à l’extinction du réseau qu’il utilise.

Sources