Par Aurélie, M2M Network.

En bref : un traceur conteneur est un boîtier autonome sur batterie, fixé sur un actif sans moteur ni alimentation (conteneur, semi-remorque dételée, caisse mobile, palette, wagon) : il se réveille à heure fixe ou sur événement, calcule sa position par GNSS et l’envoie par le réseau mobile, de préférence en LTE-M ou en NB-IoT avec les modes d’économie PSM et eDRX. Sa carte SIM doit être acceptée dans tous les pays où l’actif séjourne et pouvoir changer de réseau ou de profil sans qu’on touche au traceur. Au large, hors de portée des antennes terrestres, le traceur ne joint plus le réseau mobile : il attend le port, ou passe par une passerelle à bord du navire ou par satellite.

Un véhicule ou un engin qui a sa propre batterie relève plutôt du boîtier télématique de véhicule. Ici, la communication Machine to Machine se construit autour d’une batterie qu’on ne recharge pas, ou rarement.

Traceur conteneur, remorque, wagon : les contraintes d’un actif sans moteur

Un actif sans moteur n’a pas d’alimentation : chaque émission radio puise dans la pile. Il reste immobile des jours sur un parc, un quai ou une voie de garage, puis repart sans prévenir. Et il change de mains, souvent de pays : chargeur, armateur, terminal, camion, train.

D’où peu de positions, envoyées à heure fixe, complétées par des messages sur événement. C’est le schéma retenu par DB Cargo : en août 2019, le transporteur ferroviaire allemand annonçait avoir équipé 34 000 wagons, la moitié de sa flotte, d’un module télématique avec GPS et étiquettes RFID et NFC, qui émet par le réseau mobile quand le wagon démarre, s’arrête ou subit un choc.

Pour le traceur GPS d’une remorque, deux architectures coexistent : un boîtier autonome sur pile, ou un boîtier câblé sur l’alimentation de la remorque attelée, avec une batterie interne qui prend le relais une fois dételée. Sur un conteneur sec, une caisse mobile ou une palette, seule la première est possible.

Le conteneur frigorifique fait exception. Selon la Digital Container Shipping Association (DCSA), son groupe froid est alimenté par une source extérieure (prise du terminal ou du navire, groupe électrogène sur la route ou le rail) et il embarque un enregistreur de température. Le traceur peut en profiter, mais doit tenir sur batterie quand le conteneur est débranché.

Le tableau : actif, contrainte, type de traceur, réseau

ActifContrainte principaleType de traceurRéseau à prévoir
Conteneur maritime secAucune alimentation, traversées sans réseauAutonome sur pile, positions mémoriséesLTE-M ou 4G en itinérance ; en mer, passerelle du navire ou satellite
Conteneur frigorifiqueAlimenté seulement s’il est branchéRelié au groupe froid, batterie de secoursIdem, passerelle à bord pour la surveillance en mer
Semi-remorque non atteléeLongues immobilisations, volAutonome, ou câblé avec batterie de secours4G ou LTE-M ; multi-opérateur si les parcs sont mal couverts
Caisse mobileChange de porteur, route et railAutonome, messages sur événementLTE-M, itinérance si trajets internationaux
Palette, emballage consignéCoût unitaire, grands volumesCompact sur pile, émissions raresLTE-M ou NB-IoT selon la mobilité
Wagon de fretPas d’alimentation, chocsModule télématique, GPS, RFID et NFCRéseau mobile, messages au départ, à l’arrêt, au choc
Colis en fret aérienPiles au lithiumPetit traceur actif, sous conditionsVoir la règle IATA plus bas

Batterie : réveil périodique, PSM et eDRX

Pour durer, un traceur doit passer l’essentiel de son temps en veille radio. Le LTE-M et le NB-IoT, normalisés par le 3GPP, offrent deux mécanismes que la GSMA recommande de prendre en charge sur les réseaux LTE-M :

  • PSM (Power Saving Mode), introduit dans la Release 12 du 3GPP : le module reste enregistré sur le réseau mais cesse d’écouter entre deux réveils, sans avoir à se rattacher. La GSMA indique qu’il peut permettre jusqu’à dix ans d’autonomie. Deux temporisateurs le règlent : T3324, durée pendant laquelle le module reste joignable après un envoi (16 secondes au minimum), et T3412 étendu, intervalle entre deux mises à jour de localisation (4 heures au minimum recommandé, 413 jours au maximum).
  • eDRX (extended Discontinuous Reception) : le module espace ses écoutes du réseau, de 5,12 secondes à 43,69 minutes selon les valeurs de la Release 13. Il reste joignable, avec un délai.

Le réseau peut ramener ces valeurs à ses propres bornes : l’autonomie se calcule avec les réglages qu’il accepte. En limite de couverture, la couverture étendue du 3GPP répète les transmissions, ce qui consomme davantage et peut raccourcir la vie de la batterie, note la GSMA. Ses guides en tirent trois conséquences pour un parc :

  • un traceur endormi est injoignable : la GSMA recommande un modèle « pull », où le traceur envoie sa position puis reçoit ses consignes dans la foulée, et déconseille les SMS vers l’objet avec le PSM ou l’eDRX, qui risquent de ne jamais être remis ;
  • le délai d’inactivité de l’APN, typiquement de 4 heures, ne doit pas être inférieur à T3412, sinon le réseau détache l’objet ; à défaut, la GSMA conseille un APN séparé pour les objets en PSM ;
  • en itinérance, un pare-feu placé vers le réseau d’échange IPX peut supprimer la session d’un traceur resté muet : à son réveil, il doit se réenregistrer ou rétablir sa connexion, ce qui réduit son autonomie.

Pour un actif qui roule, la GSMA recommande aussi que les réseaux LTE-M gèrent la mobilité en mode connecté pour tout le trafic de données.

GNSS : la position, et l’identité de l’actif

Le traceur calcule sa position par les satellites de navigation (GNSS), puis l’envoie par le réseau mobile. Sans vue du ciel, dans un hangar ou au cœur d’une pile de conteneurs, la position peut manquer. Le 3GPP prévoit aussi un positionnement par le réseau : le protocole LPP porte les méthodes E-CID et OTDOA, introduites dans la Release 13 et complétées dans la Release 14 selon la GSMA. Leur prise en charge se vérifie auprès du fabricant du module et de l’opérateur.

Encore faut-il savoir à quel actif se rapporte la position. Pour un conteneur, l’identifiant de référence est celui de la norme ISO 6346 : trois lettres de code propriétaire, une lettre d’identification de l’équipement, six chiffres de série et un chiffre de contrôle (exemple théorique du Bureau International des Containers : BICU 123456 5). Associez dans votre plateforme ce numéro, l’identifiant du traceur et l’ICCID de sa carte SIM, et mettez ce lien à jour chaque fois qu’un traceur change de conteneur.

En mer : pas de réseau cellulaire au large

Loin des côtes, aucune antenne terrestre n’est à portée. Un traceur conteneur ordinaire se tait pendant la traversée : selon son micrologiciel, il garde positions et événements en mémoire et les envoie en retrouvant un réseau, en général à l’approche du port. Vérifiez ce comportement et la taille de cette mémoire. Deux voies permettent un suivi pendant la traversée :

  • La passerelle à bord. En juin 2020, la DCSA, dont les membres représentaient alors 70 % du commerce mondial par conteneurs selon sa présentation, a publié une norme IoT sur les interfaces radio des passerelles : à bord, la passerelle reçoit les traceurs de conteneurs en cellulaire (2G, 4G, LTE-M, NB-IoT), en LoRaWAN ou en Bluetooth. Une deuxième norme, du 17 décembre 2020, définit les données transmises à l’équipage pour surveiller les conteneurs frigorifiques sans faire le tour du navire. Encore faut-il que le navire soit équipé et le traceur compatible.
  • Le satellite. La Release 17 du 3GPP (spécification TS 36.300) a ajouté le LTE-M et le NB-IoT sur réseaux non terrestres, c’est-à-dire par satellite. Seuls les terminaux dotés d’un GNSS sont pris en charge : ils doivent connaître leur position avant de se connecter, et n’ont pas à refaire de mesure GNSS pendant la connexion. Il faut un module compatible et une carte SIM ayant accès à un réseau satellitaire, à vérifier auprès de son fournisseur.

Itinérance : la carte SIM pour traceur international

Un conteneur ou une remorque qui traverse l’Europe vit en itinérance, et parfois y reste des mois : c’est l’itinérance permanente. D’après Cullen International (octobre 2025), la plupart des pays européens l’autorisent pour l’IoT et le M2M ; l’Allemagne la limite aux services répondant à la définition légale des communications M2M, et la Belgique l’interdit en général, sauf cas particuliers. Voir notre article sur l’itinérance permanente en Europe et notre guide du roaming IoT à l’international. Quatre points à vérifier :

  • les pays et les durées de séjour : la carte doit être acceptée là où l’actif stationne, pas seulement là où il passe ;
  • les bandes du module : pour un module LTE-M destiné à l’Amérique du Nord, à l’Amérique latine, à l’Europe et à une partie de l’Asie, la GSMA listait en 2018 onze bandes (1, 2, 3, 4, 5, 12, 13, 20, 25, 26 et 28) ;
  • la fin de la 2G et de la 3G : selon les calendriers publiés par l’Arcep, la 2G s’arrête en France métropolitaine d’ici la fin de 2026, la 3G en 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom ; à l’étranger, les dates diffèrent ;
  • la bascule entre réseaux : une remorque stationne là où l’on livre, pas là où la couverture est la meilleure ; une carte SIM multi-opérateur évite de dépendre d’un seul réseau.

Reste le profil. Un traceur scellé sur un conteneur ne se démonte pas pour changer de carte. La spécification SGP.32 de la GSMA, publiée en juillet 2023 pour les objets connectés, permet de changer de profil d’opérateur à distance, sans intervention physique : c’est l’intérêt de l’eSIM pour l’IoT et le M2M. Pour les formats et le choix du forfait selon la fréquence des positions, voir notre guide de la carte SIM pour traceur GPS.

Fret aérien : la règle IATA des traceurs à pile lithium

Un traceur qui prend l’avion dans un colis ou sur une palette emporte une pile au lithium, marchandise dangereuse au sens de la réglementation aérienne. L’article 1.2.7.1 (i) de la réglementation des marchandises dangereuses de l’IATA (67e édition, 2026) exempte les traceurs fixés sur ou placés dans les colis, suremballages ou unités de chargement, si :

  • le traceur est en service, ou destiné à servir, pendant le transport ;
  • chaque pile respecte les dispositions 3.9.2.6 (a), (e), (f) le cas échéant et (g), et a passé, comme toute pile au lithium transportée, les épreuves de la sous-section 38.3 du Manuel d’épreuves et de critères de l’ONU ;
  • une batterie lithium-ion ne dépasse pas 20 Wh ; une pile ou batterie au lithium métal ne contient pas plus de 1 g de lithium ;
  • le nombre de traceurs se limite à ce qu’exige le suivi de l’envoi ;
  • le traceur résiste aux chocs du transport, ne peut pas chauffer dangereusement et respecte les normes de rayonnement électromagnétique qui protègent les systèmes de l’avion.

L’exception ne vaut ni au-delà de ces limites ni pour les batteries sodium-ion. Un traceur inactif expédié comme un envoi suit les instructions d’emballage 967, 970 ou 978. L’IATA précise que son document d’orientation ne vaut pas conformité : faites valider le cas par le transitaire ou la compagnie.

Avant d’équiper un parc : sept vérifications

  1. Lister les pays, ports et parcs traversés, et la durée de séjour dans chacun.
  2. Choisir la technologie radio (LTE-M, NB-IoT, 4G) selon la mobilité, et vérifier les bandes du module.
  3. Fixer la fréquence des positions et les événements déclencheurs, puis faire calculer l’autonomie avec les réglages PSM et eDRX acceptés par le réseau.
  4. Vérifier ce que fait le traceur hors couverture : mémoire, nombre de positions conservées, envoi à la reconnexion.
  5. Choisir la carte : multi-opérateur pour les zones mal couvertes, eSIM si le profil doit changer à distance, APN compatible avec le PSM.
  6. Relier chaque traceur à l’identifiant de l’actif (numéro ISO 6346, immatriculation, numéro de wagon) et à son ICCID.
  7. Tester quelques unités en conditions réelles (fond de parc, quai, train), puis suivre la consommation de data carte par carte.

Si le traceur permet de suivre indirectement un salarié, comme le conducteur du tracteur attelé, les règles de la CNIL sur la géolocalisation des véhicules des salariés peuvent s’appliquer : elles sont résumées dans l’article sur le boîtier télématique cité plus haut.

Ce que propose M2M Network

M2M Network fournit la connectivité : des cartes SIM M2M mono-opérateur sur Orange, SFR ou Bouygues Telecom au choix, et des cartes SIM IoT multi-opérateurs qui basculent automatiquement d’un réseau à l’autre, en eSIM ou en SIM physique. Les options IP fixe publique dédiée, APN privé et 5G s’ajoutent selon le besoin, et une offre de data à la consommation, facturée au Mo, existe dans la boutique. Pour un parc important ou des trajets hors de France, décrivez pays, durées de séjour et volumes via la page contact.

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Questions fréquentes

Un traceur conteneur fonctionne-t-il en pleine mer ?

Pas par le réseau cellulaire terrestre, hors de portée au large. Le traceur garde ses positions en mémoire, si son micrologiciel le prévoit, et les envoie en retrouvant un réseau. Pour un suivi pendant la traversée, il faut une passerelle à bord du navire (normes de la DCSA publiées en 2020) ou un lien satellite, que le 3GPP a prévu pour le NB-IoT et le LTE-M dans sa Release 17.

Quelle autonomie attendre d’un traceur sur batterie ?

Elle dépend surtout du nombre de réveils et de la qualité de la couverture, car les répétitions en limite de couverture consomment davantage. La GSMA indique que le mode PSM peut permettre jusqu’à dix ans d’autonomie, mais c’est un plafond. Demandez au fabricant un calcul avec votre fréquence de positions et les réglages acceptés par le réseau, puis mesurez sur quelques unités.

Peut-on mettre un traceur GPS dans un colis transporté par avion ?

Oui, sous conditions. L’article 1.2.7.1 (i) de la réglementation IATA (67e édition) exempte les traceurs en service fixés sur ou dans les colis si leur batterie lithium-ion ne dépasse pas 20 Wh, ou 1 g de lithium pour le lithium métal, et s’ils respectent les autres conditions (chocs, chaleur, rayonnement électromagnétique). Un traceur inactif expédié comme un envoi relève des instructions d’emballage 967, 970 ou 978.

Quelle carte SIM pour un traceur de remorque qui circule en Europe ?

Une carte acceptée dans tous les pays où la remorque stationne, pas seulement là où elle passe, car l’itinérance permanente est restreinte dans certains pays, comme la Belgique ou l’Allemagne hors communications M2M au sens légal. Une carte multi-opérateur réduit la dépendance à un seul réseau, et une eSIM permet de changer de profil sans démonter le traceur.

Comment rattacher une position au bon conteneur ?

En associant dans la plateforme l’identifiant du traceur, l’ICCID de sa carte SIM et le numéro du conteneur selon la norme ISO 6346 : trois lettres de code propriétaire, une lettre d’équipement, six chiffres de série et un chiffre de contrôle. Ce lien se met à jour chaque fois que le traceur change de conteneur.

Un traceur 2G fonctionne-t-il encore en France ?

Plus pour longtemps : selon les calendriers publiés par l’Arcep, la 2G s’arrête en France métropolitaine d’ici la fin de 2026, et la 3G entre 2028 et fin 2029 selon l’opérateur. Un traceur qui ne connaît que la 2G ou la 3G cessera de transmettre ; un parc de traceurs anciens est donc à remplacer par des modèles 4G, LTE-M ou NB-IoT.

Sources