Par Aurélie, M2M Network.

En bref : un boîtier télématique de véhicule a besoin d’une carte SIM data, M2M ou IoT, qui fonctionne en 4G ou en LTE-M, puisque la 2G s’éteint fin 2026 et la 3G fin 2028 ou fin 2029. Pour des véhicules qui roulent, une carte multi-opérateur limite les zones où un seul réseau ne passe pas. Le volume reste modeste : de moins de 1 Mo à quelques dizaines de Mo par mois selon la fréquence des positions. Deux cadres s’imposent au projet : les règles de la CNIL sur la géolocalisation des salariés, et l’eCall, l’appel d’urgence européen, qui reste un système distinct du boîtier.

Cet article traite du suivi de véhicules et de flottes. Pour un traceur autonome posé sur un objet, une remorque ou un colis, voir notre guide des cartes SIM pour traceurs GPS.

Boîtier OBD ou boîtier filaire : deux façons d’équiper un véhicule

Un boîtier télématique associe un récepteur GNSS, un modem cellulaire et des entrées qui lisent l’état du véhicule. Teltonika, fabricant de boîtiers, distingue deux familles. Le boîtier OBD se branche sur la prise de diagnostic OBD-II, sans câblage, et peut être posé par une personne qui n’est pas installateur ; mais cette prise équipe les véhicules légers, et une pose facile signifie aussi un retrait facile. Les solutions qui lisent le bus CAN demandent en général une installation professionnelle et souvent un câblage ; un lecteur sans contact permet de lire ces données sans toucher aux fils, ce qui préserve la garantie et répond aux cas où l’assurance interdit de modifier le câblage.

CritèreBoîtier OBDBoîtier filaire
Posesur la prise OBD-II, sans câblagecâblé par un installateur, ou lecteur CAN sans contact
Véhiculesvéhicules légers équipés de la prise OBD-IIne dépend pas de la prise de diagnostic
Donnéesposition, vitesse, données de diagnostic disponibles selon le véhiculeposition, vitesse, entrées et sorties, données du bus CAN directement ou par adaptateur
Point de vigilancese retire aussi facilement qu’il se posepose par un professionnel, à prévoir dans le budget du projet

Gestion de flotte IoT : ce que remonte un boîtier télématique

Le boîtier transmet des enregistrements. Dans le protocole Codec 8 de Teltonika, chacun associe un horodatage, une priorité et une position GNSS (longitude, latitude, altitude, cap, nombre de satellites, vitesse) à des données d’entrée et de sortie. Sur le bus CAN, un boîtier compatible lit par exemple le niveau de carburant, le kilométrage total, le régime et la température du moteur, la consommation, le niveau d’AdBlue, la durée de fonctionnement du moteur ou la charge par essieu. La plateforme de gestion de flotte en tire les trajets, les durées d’utilisation, la consommation et les alertes.

Les boîtiers répondent aussi à des commandes par SMS : chez Teltonika, la commande getgps renvoie les données GPS courantes avec la date et l’heure, et une autre commande force la connexion au service de mise à jour à distance. Si vous configurez ou interrogez vos boîtiers par SMS, l’offre de la carte doit inclure les SMS. Pour la gestion d’un parc d’objets au-delà du véhicule, voir notre article sur la gestion de flotte M2M.

Combien de data consomme un boîtier télématique

La documentation du protocole Codec 8 permet un calcul exact. Un enregistrement comportant cinq données d’entrée et de sortie pèse 51 octets ; le paquet qui le transporte, 66 octets ; la réponse du serveur, 4 octets. Avec 40 octets d’en-têtes IPv4 et TCP par paquet et un accusé de réception TCP, un envoi isolé coûte 190 octets, et chaque enregistrement supplémentaire groupé dans le même envoi ajoute 51 octets. Si le boîtier ferme sa connexion après chaque envoi, la suivante coûte au moins 418 octets de plus : trois paquets d’ouverture TCP, l’identification par le numéro IMEI (17 octets) et sa réponse d’un octet, un accusé de réception et quatre paquets de fermeture, chacun avec ses 40 octets d’en-têtes.

Pour un véhicule qui roule 2 heures par jour et envoie une position par heure à l’arrêt :

Réglage en roulantSur 30 jours, connexion maintenueSi le boîtier se reconnecte à chaque envoi
une position par minute, envoi groupé toutes les 2 minutes0,56 Mo1,6 Mo
une position toutes les 10 secondes, envoi groupé toutes les 2 minutes1,5 Mo2,5 Mo
une position par seconde, envoyée aussitôt41 Mo132 Mo

Les réglages d’usine vont dans le sens de l’économie : sur le boîtier Teltonika FMB920, un enregistrement est créé au moins toutes les 300 secondes en roulant et toutes les 3 600 secondes à l’arrêt, les envois sont groupés toutes les 120 secondes, et des seuils de distance, de cap et de vitesse ajoutent des points dans les virages et les changements d’allure. Ce qui fait monter la facture, c’est le suivi seconde par seconde, les reconnexions, les données CAN nombreuses et les mises à jour du micrologiciel. Mesurez sur un véhicule de test avant de généraliser.

Carte SIM pour GPS tracker et boîtier : mono ou multi-opérateur

  • La technologie radio. Un boîtier 2G cesse de transmettre dès que l’opérateur de sa carte éteint la 2G, au plus tard le 15 décembre 2026 en métropole, et un boîtier 3G fin 2028 ou fin 2029. Un nouveau boîtier se choisit en 4G ou en LTE-M.
  • Le nombre de réseaux. Un véhicule traverse des zones que les opérateurs couvrent inégalement, comme le montrent les cartes de l’Arcep sur « Mon réseau mobile ». Une carte SIM multi-opérateur peut utiliser plusieurs réseaux ; son fonctionnement et les questions à poser avant de la choisir sont détaillés sur notre page dédiée.
  • Le réseau unique. Une carte sur un réseau choisi convient à des véhicules qui restent dans une zone connue, après mesure de la couverture sur les trajets réels.
  • L’adressage. Le boîtier envoie ses données vers la plateforme : une adresse IP dynamique suffit dans la plupart des cas. Un APN privé isole le trafic de la flotte de l’Internet public.

Comme le boîtier crée ses enregistrements avant de les envoyer par lots, une courte perte de réseau retarde la remontée des positions sans forcément les perdre : vérifiez la capacité de stockage du modèle retenu.

Trajets à l’étranger : l’itinérance

Hors de France, la carte passe en itinérance sur les réseaux étrangers avec lesquels son opérateur a un accord. Avant de déployer, vérifiez la liste des pays couverts et le prix du Mo hors de France. Pour un véhicule basé durablement à l’étranger, le règlement (UE) 2022/612 sur l’itinérance précise que les communications de machine à machine ne sont pas exclues de son champ, que les opérateurs peuvent prévoir des conditions contre l’usage permanent de l’itinérance, et que l’itinérance permanente fait l’objet de négociations commerciales entre opérateurs. Un camion qui fait des allers et retours et un véhicule qui ne revient jamais en France ne relèvent donc pas forcément des mêmes conditions.

Géolocalisation des salariés : les règles de la CNIL

Dès qu’un véhicule est confié à un salarié, la géolocalisation traite des données personnelles. La CNIL résume les règles dans sa fiche « La géolocalisation des véhicules des salariés » (30 mai 2023, en cours de mise à jour) :

Usages admisUsages exclus
suivre, justifier et facturer une prestation de transport de personnes, de marchandises ou de servicescontrôler le respect des limitations de vitesse
assurer la sécurité du salarié, des marchandises ou du véhicule, notamment retrouver un véhicule volécontrôler un salarié en permanence, ou un salarié libre de l’organisation de ses déplacements
mieux répartir les interventions sur des lieux dispersés, par exemple identifier l’employé le plus prochesuivre les représentants du personnel dans l’exercice de leur mandat
accessoirement, suivre le temps de travail quand aucun autre moyen ne le permetcollecter la localisation hors du temps de travail, trajet domicile et travail et pauses compris
respecter une obligation légale ou contrôler le respect des règles d’utilisation du véhiculecalculer le temps de travail quand un autre dispositif existe déjà
  • Information. Les instances représentatives du personnel sont informées ou consultées avant toute décision d’installation ; chaque salarié est informé des finalités, des destinataires, de la durée de conservation et de ses droits, par exemple par une note de service.
  • Désactivation. Le salarié doit pouvoir désactiver la collecte ou la transmission de sa position en dehors du temps de travail ; l’employeur peut contrôler le nombre et la durée des désactivations. La fonction se prévoit dès le choix du boîtier et de la plateforme.
  • Conservation. En principe deux mois ; un an pour optimiser les tournées ou prouver les interventions quand aucun autre moyen ne le permet ; cinq ans pour le suivi du temps de travail.
  • Sécurité. Accès réservé aux personnes habilitées, identifiant et mot de passe, échanges sécurisés et journalisation des accès ; les outils d’un prestataire restent sous la responsabilité de l’employeur.
  • Formalités. Le délégué à la protection des données est associé s’il existe, et le dispositif est inscrit au registre des activités de traitement.

La CNIL rapporte le cas d’un employeur sanctionné de 10 000 euros pour ne pas avoir remis à un salarié, malgré une mise en demeure, les données de géolocalisation qui le concernaient.

eCall : le boîtier ne remplace pas l’appel d’urgence

Depuis le 31 mars 2018, le règlement (UE) 2015/758 impose l’eCall, appel d’urgence au 112 intégré au véhicule, aux nouveaux types de voitures particulières et de véhicules utilitaires légers (catégories M1 et N1). C’est un équipement du constructeur, réceptionné avec le véhicule : un boîtier ajouté par l’entreprise ne le remplace pas. Le règlement interdit que le système eCall puisse être localisé ou suivi en permanence ; il ne conserve que les trois dernières positions du véhicule, et aucune entité extérieure n’accède à ses données avant le déclenchement. Le suivi de flotte relève donc d’un boîtier distinct, soumis aux règles de la CNIL.

L’eCall reposait sur les réseaux 2G et 3G à commutation de circuits. Le règlement délégué (UE) 2024/1180 du 14 février 2024 l’adapte aux réseaux 4G et 5G : depuis le 1er janvier 2026, les nouvelles réceptions par type doivent respecter les spécifications de l’eCall sur réseaux à commutation de paquets, et à partir du 1er janvier 2027, les véhicules neufs qui ne les respectent pas ne pourront plus être immatriculés. Au Sénat, la Fédération française des télécoms indiquait qu’en 2024, moins de 3 % des communications eCall utilisaient encore la 2G.

Ce que propose M2M Network

M2M Network fournit des cartes SIM M2M sur le réseau d’Orange, de SFR ou de Bouygues Telecom au choix, et des cartes SIM IoT multi-opérateurs qui basculent automatiquement d’un réseau à l’autre, adaptées aux véhicules qui circulent, en SIM physique ou en eSIM. Avec l’option APN privé, les boîtiers peuvent joindre une plateforme de suivi hébergée en France par Guardis, sur une infrastructure certifiée ISO 27001 et HDS, sans passer par l’Internet public. Les forfaits se commandent sur la boutique M2M Network, y compris une offre facturée au Mo pour les véhicules peu utilisés ; pour une flotte, l’itinérance ou les SMS, passez par la page contact.

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Questions fréquentes

Quelle carte SIM pour un boîtier télématique de véhicule ?

Une carte SIM data M2M ou IoT, compatible avec un boîtier 4G ou LTE-M, puisque la 2G et la 3G ferment. Pour des véhicules qui circulent sur un large territoire, une carte multi-opérateur limite les zones blanches d’un réseau unique. Si les boîtiers se configurent par SMS, l’offre doit inclure les SMS.

Combien de data consomme un boîtier GPS de véhicule ?

Peu. Avec le protocole Codec 8 de Teltonika, un véhicule qui roule 2 heures par jour consomme environ 0,56 Mo par mois avec une position par minute, et environ 41 Mo avec une position par seconde envoyée aussitôt. Les reconnexions à chaque envoi peuvent tripler ce dernier chiffre.

Un boîtier OBD suffit-il pour suivre une flotte ?

Pour des véhicules légers et un suivi simple, oui : il se branche sans câblage sur la prise OBD-II. Teltonika rappelle qu’il se retire aussi facilement qu’il se pose, et que la prise OBD-II équipe les véhicules légers. Pour lire les données du bus CAN ou éviter les retraits, un boîtier câblé ou un lecteur sans contact convient mieux.

Peut-on géolocaliser en permanence les véhicules des salariés ?

Non. Selon la CNIL, la géolocalisation ne peut servir ni à contrôler un salarié en permanence, ni à contrôler les limitations de vitesse, ni à collecter la position hors du temps de travail. Le salarié doit pouvoir désactiver la collecte en dehors de ses heures, et les données se conservent en principe deux mois.

Le boîtier télématique remplace-t-il l’eCall ?

Non. L’eCall est un système du constructeur imposé par le règlement (UE) 2015/758 sur les nouveaux types de véhicules depuis le 31 mars 2018. Il ne doit pas permettre de suivre le véhicule en permanence ; le suivi de flotte passe par un boîtier distinct.

La carte SIM du boîtier fonctionne-t-elle à l’étranger ?

Elle passe en itinérance sur les réseaux avec lesquels son opérateur a un accord : vérifiez la liste des pays et le prix du Mo hors de France. Pour un véhicule basé à l’étranger, l’itinérance permanente relève, selon le règlement (UE) 2022/612, de négociations commerciales entre opérateurs.

Sources