Par Aurélie, M2M Network.

En 30 secondes : le véhicule connecté 5G arrive dans le transport et le BTP par des échéances déjà écrites. L’eCall, l’appel d’urgence automatique des voitures et utilitaires légers, passe aux réseaux 4G et 5G : les véhicules neufs non conformes ne sont plus immatriculables depuis le 1er janvier 2027. La 2G s’éteint en France d’ici fin 2026 et la 3G entre 2028 et fin 2029, la 5G RedCap (3GPP Release 17) apporte une 5G allégée aux caméras et capteurs, et les règlements ONU n° 155 et 156 encadrent cybersécurité et mises à jour à distance. Côté carte SIM : modules 4G ou 5G, accès à la 5G autonome pour le RedCap, data et APN privé pour les mises à jour, eSIM gérable sur toute la vie du véhicule. Le C-V2X, dialogue direct entre véhicules et avec la route, est normalisé depuis 2016 ; en Europe, le 5G-V2X reste en préparation à côté d’ITS-G5, déjà déployé.

La communication Machine to Machine (M2M) change de nature dans le transport : le véhicule reçoit des mises à jour, échange avec la route et peut être piloté à distance. Pour équiper une flotte aujourd’hui, voir notre article sur le boîtier télématique de véhicule.

Véhicule connecté 5G : le calendrier en un tableau

TechnologieCe qu’elle apporteHorizon (dates sourcées)Côté carte SIM
eCall 4G/5G (règlement délégué (UE) 2024/1180)Appel automatique au 112 sans 2G ni 3GNouveaux types : 1er janvier 2026 ; véhicules neufs : 1er janvier 2027Module du constructeur ; boîtier de flotte en 4G au minimum
LTE-V2X (3GPP Release 14)Messages directs véhicule à véhicule et à l’infrastructurePremière norme achevée en septembre 2016Pas de SIM en mode direct ; SIM pour les services par le réseau
NR-V2X (3GPP Release 16)Liaison directe 5G en diffusion, en groupe ou point à pointRelease 16 achevée en juillet 2020 ; 5G-V2X en préparation en Europe (5GAA, 2024)Idem, avec une SIM 5G pour la partie réseau
5G RedCap (3GPP Release 17)5G allégée : 20 MHz au plus, une antenne de réception possible, veille prolongéeRelease 17 figée en mars 2022Option 5G et accès au cœur 5G autonome (SA)
Règlements ONU n° 155 et 156Cybersécurité et mises à jour à distance encadrées à l’homologationEn vigueur depuis le 22 janvier 2021 ; UE : cybersécurité exigée à l’immatriculation depuis le 7 juillet 2024Data disponible pour les mises à jour, flux limités, APN privé
Engins autonomes et téléopérésTransport autonome sur site fermé, conduite déportéeTransport minier autonome commercialisé depuis 2008 (Komatsu) ; téléopération montrée au salon Bauma 2025Liaison montante vidéo, latence, second réseau de secours
eSIM M2M et IoT (GSMA)Changer de profil d’opérateur à distanceArchitecture M2M (SGP.01) de janvier 2014, IoT (SGP.31) d’avril 2022Gestion des profils sur la durée de vie

eCall 4G : l’appel d’urgence quitte la 2G et la 3G

Le règlement (UE) 2015/758 impose depuis le 31 mars 2018 un eCall embarqué, fondé sur le numéro 112, sur les nouveaux types de voitures particulières et d’utilitaires légers (catégories M1 et N1). En cas d’accident grave, il transmet un ensemble minimal de données et ouvre une communication vocale avec les secours. Le texte prévoyait d’examiner une extension aux poids lourds, bus et autocars, deux-roues à moteur et tracteurs agricoles.

Ce système reposait sur la 2G et la 3G. Le règlement délégué (UE) 2024/1180 du 14 février 2024, constatant que les opérateurs prévoient d’éteindre ces réseaux entre 2025 et 2030, fait passer l’eCall en 4G et 5G à commutation de paquets (spécification CEN/TS 17184:2022, eCall sur IMS) :

  • depuis le 1er janvier 2026, les nouvelles réceptions par type non conformes sont refusées ;
  • depuis le 1er janvier 2027, les véhicules neufs non conformes n’ont plus de certificat de conformité valide et ne peuvent plus être immatriculés.

Pour le parc existant, le ministère chargé du numérique a répondu le 5 mai 2026 que l’eCall des véhicules équipés depuis 2018 « fonctionnera en France jusqu’au moins la fin de l’année 2029, un seul réseau 3G en service étant suffisant », sans plan de changement d’équipements imposé. Le calendrier des extinctions est dans notre guide des dates d’arrêt des réseaux 2G, 3G, 4G et 5G. Pour un gestionnaire de parc, l’eCall n’est pas une carte SIM à acheter : il est installé de manière fixe et réceptionné avec le véhicule. Mais un boîtier télématique ajouté ne le remplace pas, et tout boîtier acheté aujourd’hui doit fonctionner au moins en 4G.

C-V2X : la communication directe entre véhicules et avec la route

Selon la 5GAA (5G Automotive Association), le C-V2X (Cellular Vehicle-to-Everything) combine deux modes : la communication par le réseau mobile (V2N, interface Uu, fréquences de l’opérateur) et la communication directe avec les autres véhicules (V2V), l’infrastructure (V2I) ou les piétons (V2P), sur la bande des 5,9 GHz (interface PC5). Le mode direct fonctionne sans couverture cellulaire ni abonnement.

Le 3GPP a achevé en septembre 2016 la première norme C-V2X (Release 14), centrée sur le véhicule à véhicule et adaptée aux vitesses jusqu’à 250 km/h et à des milliers de nœuds. La Release 16 a ajouté la liaison directe en 5G (NR sidelink), en diffusion, en groupe et en point à point. La 5GAA y associe les pelotons de véhicules à quelques mètres d’intervalle, le partage de données de capteurs et la conduite téléopérée.

Où en est le déploiement en Europe

La Commission européenne a adopté une stratégie sur les systèmes de transport intelligents coopératifs (C-ITS) en novembre 2016, puis un règlement délégué en mars 2019, qui n’est pas entré en vigueur après l’objection du Conseil de l’Union européenne. Les considérants de la directive (UE) 2023/2661 excluent d’imposer une technologie particulière et prévoient des applications coexistantes. La 5GAA indiquait en mars 2024 que les équipements embarqués ITS-G5 déjà déployés, technologie issue des normes IEEE, fonctionneront encore plusieurs années, et que le 5G-V2X est en préparation.

En France, le ministère chargé des Transports a coordonné les projets SCOOP, InterCor et C-Roads France : 3 000 km de routes couvertes, des véhicules Renault et PSA vendus à de vrais clients (SCOOP) et une flotte de poids lourds (InterCor). Parmi leurs services, l’alerte de chantiers programmés, fixes ou mobiles, et l’alerte de véhicule de gestionnaire en intervention concernent directement les travaux publics. Côté SIM, le mode direct ne passe pas par l’opérateur (le ministère souligne l’absence de coût de communication en ITS-G5) ; les services hybrides utilisent en revanche le réseau mobile et donc une carte SIM ; le projet InDiD (mi-2019 à fin 2023) avait pour objectif d’y préciser le rôle du LTE-V2X et de la 5G.

5G RedCap : la 5G taillée pour les caméras et les capteurs

La 5G RedCap (Reduced Capability) a été définie dans la Release 17 du 3GPP, figée en mars 2022, d’abord pour les capteurs industriels sans fil, la vidéosurveillance et les objets portés. Le 3GPP limite la bande d’un terminal RedCap à 20 MHz en FR1, admet une seule chaîne de réception et prolonge les cycles de veille (eDRX). Selon la GSA (Global mobile Suppliers Association), les débits de pointe atteignent 226 Mbit/s en réception et 120 Mbit/s en émission ; l’eRedCap de la Release 18 se limite à 10 Mbit/s.

Les caméras de surveillance d’un chantier ou d’un véhicule entrent dans ce cas d’usage. Mais la GSA rappelle que le RedCap exige un cœur de réseau 5G autonome (5G SA) ; en avril 2025, elle comptait 30 opérateurs dans 21 pays investissant dans le RedCap, avec des lancements commerciaux cités en Chine, aux Philippines, au Koweït et aux États-Unis. L’Arcep présente la 5G « stand alone » comme une évolution du cœur de réseau. Avant de choisir un module RedCap, vérifiez donc que l’opérateur et la carte SIM donnent accès au cœur 5G SA (voir aussi 5G ou M2M).

Engin de chantier autonome ou téléopéré : ce qui fonctionne déjà

L’autonomie progresse d’abord sur les sites fermés. Komatsu indique commercialiser depuis 2008 une solution de transport minier autonome et a mis en service en avril 2026 son millième tombereau autonome, sur une mine d’or du Nevada. En Suède, Volvo Construction Equipment et Skanska ont testé en 2018, dix semaines durant dans une carrière près de Göteborg, huit porteurs électriques autonomes HX2 suivant un trajet GPS préprogrammé ; il s’agissait de prototypes non commercialisés.

La téléopération sort l’opérateur de la cabine. L’Arcep cite parmi les usages envisagés de la 5G « le pilotage à distance de véhicule pour des interventions en zone sensible ». En France, efa France a mis au point une solution de conduite à distance d’engins lourds, comme des chargeuses ou des concasseurs, testée avec le 5G Lab d’Orange : caméras, radars et lidars, équipements 4G/5G et antennes satellite, pour une latence d’environ 65 ms. Au salon Bauma 2025, un véhicule situé à Fondettes (Indre-et-Loire) a été piloté depuis Munich.

L’engin n’envoie plus seulement des positions : il émet de la vidéo en continu, et la liaison montante, la latence et la continuité du lien deviennent les critères. Voir notre article sur les robots autonomes et la connectivité cellulaire. Si l’engin est conduit par un salarié, sa géolocalisation relève des règles de la CNIL, rappelées dans l’article sur le boîtier télématique.

Mises à jour à distance et cybersécurité : règlements ONU n° 155 et 156

Deux règlements de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe (CEE-ONU), en vigueur depuis le 22 janvier 2021, encadrent la cybersécurité et les mises à jour à distance des véhicules. Le règlement ONU n° 156 vise les catégories M, N, O, R, S et T qui autorisent les mises à jour logicielles, et définit la mise à jour à distance comme « toute méthode permettant d’effectuer des transferts de données sans fil ». Il impose au constructeur :

  • de revenir à la version précédente, ou de passer en mode sécurisé, si une mise à jour échoue ;
  • de ne lancer une mise à jour que si le véhicule a assez d’énergie pour l’achever ;
  • d’empêcher la conduite pendant une mise à jour risquée et d’informer l’utilisateur, notion qui inclut l’employé d’un gestionnaire de parc automobile.

Le règlement ONU n° 155 impose un système de gestion de la cybersécurité, du développement à la postproduction, pour les catégories M et N et les remorques dotées d’un module électronique. Sa liste de menaces vise la télématique, « par exemple, manipulation de la mesure de la température de marchandises qui y sont sensibles, déverrouillage à distance des portes de chargement », et les mises à jour sans fil. Dans l’Union européenne, le règlement (UE) 2019/2144 exige la protection contre les cyberattaques : refus des nouvelles réceptions non conformes depuis le 6 juillet 2022, interdiction d’immatriculer depuis le 7 juillet 2024.

Ces textes ne fixent ni débit ni volume de données. Pour limiter l’exposition de la télématique, un APN privé relie les véhicules au serveur de l’entreprise sans passer par l’Internet public, par exemple vers un serveur hébergé en France par Guardis, sur une infrastructure certifiée ISO 27001 et HDS.

eSIM : gérer la connectivité sur toute la vie du véhicule

Un véhicule peut survivre aux réseaux pour lesquels il a été conçu : l’eCall des véhicules de 2018, prévu pour la 2G et la 3G, en est l’exemple. Les tableaux de la GSMA font remonter l’architecture eSIM M2M (SGP.01) à janvier 2014 et l’architecture eSIM IoT (SGP.31) à avril 2022 ; la spécification associée, SGP.32, en est à sa version 1.3. Ce provisionnement à distance permet de charger un profil d’opérateur sans intervenir sur la carte.

Deux limites : changer de profil ne change pas le modem, un module 3G restera 3G ; et la gestion des profils se décide à l’achat (accès à la plateforme, opérateurs chargeables, bascule d’un parc entier). Voir nos articles eSIM M2M et IoT et SGP.32, et notre panorama SIM et eSIM d’ici 2030.

Avant d’équiper un parc : six vérifications

  1. Exiger un modem 4G ou 5G : un équipement 2G ou 3G seul a une date de fin connue.
  2. Pour la 5G RedCap, vérifier l’accès au cœur 5G SA, pas seulement la mention 5G du forfait.
  3. Estimer à part la data des mises à jour et de la vidéo, distincte de celle de la télémétrie.
  4. Ne pas exposer les véhicules sur Internet : APN privé et flux limités aux serveurs prévus.
  5. Choisir mono ou multi-opérateur selon les sites : un chantier isolé dépend de la couverture locale.
  6. Prévoir la gestion des profils eSIM sur la durée de vie, distincte de l’eCall du constructeur.

Ce que propose M2M Network

M2M Network fournit la connectivité des véhicules et des engins. Ses cartes SIM M2M mono-opérateur fonctionnent sur un réseau au choix parmi Orange, SFR et Bouygues Telecom ; ses cartes SIM IoT multi-opérateurs basculent automatiquement d’un réseau à l’autre. Elles existent en SIM physique ou en eSIM, avec en option une IP fixe publique dédiée, la 5G et un APN privé ; voix et SMS dépendent des forfaits. Les forfaits se commandent sur la boutique ; pour un parc important, passez par la page contact.

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Questions fréquentes

L’eCall de mon véhicule va-t-il s’arrêter avec la fin de la 2G et de la 3G ?

Pour les véhicules équipés depuis 2018, le ministère chargé du numérique indiquait le 5 mai 2026 que l’eCall fonctionnera en France au moins jusqu’à la fin de 2029, un seul réseau 3G suffisant. Aucun plan de remplacement des équipements n’a été imposé à ce jour. Les véhicules neufs, eux, doivent être conformes à l’eCall sur réseaux 4G et 5G depuis le 1er janvier 2027 (règlement délégué (UE) 2024/1180).

Le C-V2X a-t-il besoin d’une carte SIM ?

Pas pour la communication directe entre véhicules ou avec les équipements de bord de route : selon la 5GAA, ce mode (interface PC5) fonctionne sur la bande des 5,9 GHz sans couverture cellulaire ni abonnement. Les services qui passent par le réseau mobile (V2N) utilisent en revanche une carte SIM et un abonnement.

Qu’est-ce que la 5G RedCap change pour une caméra ou un boîtier embarqué ?

La 5G RedCap (3GPP Release 17) est une 5G allégée : 20 MHz de bande au plus, une seule antenne de réception possible et des modes de veille prolongés, pour des débits de pointe de 226 Mbit/s en réception selon la GSA. Elle demande un réseau 5G autonome (SA) : il faut vérifier que l’opérateur et la carte SIM y donnent accès avant de choisir un module RedCap.

Un engin de chantier autonome ou téléopéré a-t-il besoin de la 5G ?

Pas forcément de la 5G seule. L’essai de téléopération d’efa France avec le 5G Lab d’Orange combine 4G, 5G et satellite pour une latence d’environ 65 ms. Ce qui compte est la qualité de la liaison montante et sa continuité sur le site, à vérifier sur place avant de choisir un réseau.

Les mises à jour à distance d’un véhicule sont-elles réglementées ?

Oui. Le règlement ONU n° 156, en vigueur depuis le 22 janvier 2021, impose au constructeur un système de gestion des mises à jour : retour à la version précédente ou mode sécurisé en cas d’échec, énergie suffisante, information de l’utilisateur. Le règlement ONU n° 155 encadre la cybersécurité, y compris celle des mises à jour sans fil.

Une eSIM permet-elle de faire passer un équipement 3G en 4G ?

Non. L’eSIM permet de changer de profil d’opérateur à distance, pas de changer la technologie radio du modem. Un équipement 2G ou 3G doit être remplacé par un modèle 4G ou 5G avant l’extinction du réseau dont il dépend.

Sources