Par Aurélie, M2M Network.
En bref : avec la fin de la 2G, un boîtier de téléassistance qui ne fonctionne qu’en 2G ne peut plus appeler la plateforme dès que l’opérateur de sa carte SIM éteint ce réseau. Chez Orange, et donc pour les cartes Free, c’est fait en métropole depuis le 20 octobre 2026, hors zones blanches réglementaires ; SFR arrête sa 2G le 15 novembre 2026 ; Bouygues Telecom commence le 15 novembre et généralise du 1er au 15 décembre 2026. Changer la carte SIM ne suffit pas : le prestataire doit remplacer le boîtier par un modèle 4G qui transporte la voix en VoLTE ou en voix sur IP, puis vérifier par un appel réel. Selon une étude reprise par le Sénat, 120 000 dispositifs de téléassistance fonctionnaient encore en 2G et 180 000 en 3G au 1er janvier 2024.
Cet article s’adresse aux prestataires de téléassistance, aux collectivités qui organisent ou financent ce service et aux familles des personnes équipées. Les cas voisins ont leurs propres articles : la téléalarme d’ascenseur et l’interphone et le portail GSM.
Téléassistance 2G : combien de boîtiers sont concernés
Le rapport d’information du Sénat sur l’extinction des réseaux 2G et 3G, adopté le 11 février 2026, reprend une étude du cabinet PwC conduite en juillet 2024 pour les fédérations professionnelles concernées : au 1er janvier 2024, le parc comptait 120 000 dispositifs de téléassistance en 2G et 180 000 en 3G. Ces chiffres avaient été présentés au Sénat le 21 mai 2025 par Alain Monteux, vice-président de l’Association française de téléassistance (Afrata) : « En 2024, nous avions recensé 120 000 dispositifs de téléassistance fonctionnant encore en 2G et 180 000 fonctionnant encore en 3G. » Cité par Handicap.fr en août 2025, il les rapportait à un parc national de 750 000 abonnés.
La Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) cite de son côté la Fédération française des télécoms : en 2024, 1,3 million de terminaux 2G ou 3G destinés aux entreprises concernaient la téléassistance, les ascenseurs, la protection des locaux et les dispositifs médicaux. Pour suivre la décrue, l’Arcep publie un observatoire trimestriel, tous usages confondus : à fin juin 2026, il restait 620 000 cartes SIM M2M dans des appareils 2G seule et 1,39 million dans des appareils 2G/3G, hors cartes montées par les constructeurs automobiles.
Calendrier de la fin de la 2G et de la 3G
La date qui compte est celle de l’opérateur de la carte SIM du boîtier, quel que soit le fabricant. Voici le calendrier annoncé par les opérateurs et publié par l’Arcep, le même que pour les transmetteurs d’alarme :
- la 2G d’Orange s’éteint par vagues : Bayonne, Anglet et Biarritz le 31 mars 2026, les Pyrénées-Atlantiques et les Landes le 12 mai, sept départements du Sud-Ouest le 9 juin, puis la généralisation de fin septembre à fin décembre 2026 (Nice le 22 septembre, 44 départements le 6 octobre, les 43 derniers le 20 octobre, zones blanches du 1er au 15 décembre) ; Free Mobile n’a pas de 2G en propre et suit ce calendrier ;
- la 2G de SFR s’arrête le 15 novembre 2026 (date annoncée par SFR et publiée par l’Arcep) ;
- chez Bouygues Telecom, la 2G s’éteint le 15 novembre 2026 à Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, puis partout du 1er au 15 décembre 2026 ;
- la 3G ferme en 2028 chez Orange et fin 2028 chez SFR, fin 2029 chez Bouygues Telecom.
Orange indique que son réseau 2G est totalement arrêté depuis le 20 octobre 2026, hors zones blanches réglementaires. Un boîtier qui ne fonctionne qu’en 2G avec une carte Orange ou Free est donc déjà hors service, sauf dans les zones blanches réglementaires. Un boîtier 3G ne fait que reporter l’échéance à fin 2028 ou fin 2029. L’Arcep rappelle que ces dates peuvent encore évoluer.
Pourquoi changer la carte SIM ne suffit pas
Le principe de la téléassistance est simple : la personne porte un médaillon, une montre ou un bracelet, et un système de micro et de haut-parleur installé chez elle la met en relation avec un téléopérateur, 24 heures sur 24. Quand il ne passe ni par la ligne fixe ni par une box Internet, le boîtier utilise un module mobile muni d’une carte SIM. En 2G et en 3G, l’appel vocal emprunte un circuit téléphonique. La GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, rappelle dans son guide NG.121 (version 3.0, janvier 2025) que les terminaux sans voix sur 4G passent leurs appels en se repliant sur la 2G ou la 3G, et qu’un appareil limité à ces réseaux ne peut plus passer d’appel d’urgence une fois ceux-ci éteints.
C’est le modem radio du boîtier qui est obsolète : une carte SIM 4G n’y change rien. Le risque est d’autant plus sérieux que la CSNP souligne que, dans la plupart des cas, le client final ignore que ses équipements fonctionnent en 2G ou en 3G.
Boîtier de téléassistance 4G : la VoLTE indispensable pour la phonie
En 4G, la voix ne passe plus par un circuit : elle circule en paquets IP, soit par le service VoLTE (Voice over LTE) de l’opérateur, soit en voix sur IP vers un serveur. Orange l’explique : un appareil 4G qui n’est pas compatible VoLTE garde l’accès aux données, mais ses appels voix ne peuvent pas être acheminés. Pour un boîtier de téléassistance, la mention « 4G » ne suffit donc pas. Dans son guide numérique des entreprises (édition 2026), l’Arcep cite les « systèmes de téléassistance aux personnes » parmi les équipements concernés et demande, pour les équipements qui reposaient sur la 2G ou la 3G pour la voix, de vérifier auprès des fabricants leur compatibilité avec le paramétrage VoLTE de chaque opérateur, puis de faire des essais d’appels en 4G.
| Boîtier | Transport de l’alarme et de la voix | Ce que la carte SIM doit offrir | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| 2G | appel vocal en circuit sur la 2G | voix 2G | inutilisable dès la coupure de l’opérateur |
| 3G | appel vocal en circuit sur la 3G | voix 3G | fin de la 3G fin 2028 ou fin 2029 |
| 4G VoLTE | appel en VoLTE vers le numéro de la plateforme | voix avec VoLTE activée | compatibilité avec le paramétrage VoLTE de l’opérateur, essai réel |
| 4G IP | alarme et voix sur IP (SIP), protocole CLC/TS 50134-9 | données | la plateforme doit recevoir ce protocole |
La voie IP s’appuie sur une spécification européenne : la CLC/TS 50134-9, publiée en 2018, définit un protocole de transmission des alarmes de téléassistance sur IP, décrit en XML et transporté par SIP, fondé sur la norme SCAIP (SS 91100:2014). À titre d’exemple, la fiche du boîtier Lifeline Digital de Tunstall annonce la 4G avec VoLTE et voix sur IP, la conformité à la CLC/TS 50134-9 et jusqu’à 100 heures d’autonomie sur batterie avec les réglages standard.
Si le boîtier transmet des codes par tonalités DTMF pendant l’appel, faites vérifier leur passage en VoLTE : pour les appels d’urgence d’ascenseurs, le fabricant 2N indique que la 2G, la 3G et la VoLTE déforment souvent ces signaux, et que seule la voix sur IP en SIP garantit leur transmission.
Qui remplace le boîtier : prestataire, collectivité, famille
Lors de la table ronde du Sénat du 21 mai 2025, le directeur général de la Fédération française des télécoms, Romain Bonenfant, a posé le principe : pour les systèmes industriels, « la responsabilité de la migration incombe au fournisseur de services et non pas à la collectivité ou à l’utilisateur final », en citant parmi les utilisateurs finaux les bénéficiaires d’un système d’assistance à domicile. C’est donc au prestataire de téléassistance de recenser ses boîtiers, de choisir les modèles 4G et de les installer.
La charge est lourde pour la filière. Au Sénat, Alain Monteux décrivait une téléassistance « très morcelée », faite de petites structures locales, associatives ou publiques, à tarifs souvent régulés par la Carsat ou par les départements. Il chiffrait les nouveaux équipements à environ 200 euros l’unité, sans compter le déplacement à domicile, la reconfiguration et la formation des personnels. Les collectivités sont concernées à double titre : certaines communes et certains départements proposent eux-mêmes la téléassistance, et les départements en régulent souvent les tarifs. Pour un prestataire ou une collectivité, la marche à suivre tient en six étapes :
- Recenser chaque boîtier : modèle, technologie (2G, 3G, 4G, ligne fixe, box Internet) et opérateur de la carte SIM.
- Classer les boîtiers par date de coupure : cartes Orange et Free d’abord, puis SFR et Bouygues Telecom avant le 15 novembre 2026, puis les boîtiers 3G.
- Choisir un modèle 4G compatible avec le paramétrage VoLTE de l’opérateur retenu, ou fonctionnant en voix sur IP vers une plateforme qui accepte ce protocole.
- Prévenir chaque bénéficiaire et sa famille de la date d’intervention.
- Après la pose, faire un appel réel depuis le médaillon jusqu’à la plateforme et le consigner.
- Écarter des futurs achats et appels d’offres tout équipement reposant sur la 2G ou la 3G, comme le recommande l’Arcep.
Ce que doit faire une famille
- Appeler le service de téléassistance et demander par quel moyen passe le boîtier (2G, 3G, 4G, ligne fixe ou box Internet) et, s’il est concerné, à quelle date il sera remplacé.
- Demander par écrit si le remplacement est compris dans l’abonnement ou facturé, et à quel prix.
- Si le boîtier utilise la ligne téléphonique fixe, poser aussi la question de son avenir : selon l’Arcep, la fermeture commerciale du réseau cuivre a eu lieu le 31 janvier 2026 sur la majeure partie du territoire, et sa fermeture technique se poursuit par lots jusqu’à fin 2030.
- Le jour du remplacement, faire un essai avec le médaillon depuis plusieurs pièces, y compris les plus éloignées du boîtier, et vérifier que la plateforme répond.
- Demander l’autonomie du nouveau boîtier sur batterie en cas de coupure de courant.
- Se méfier des démarchages : la CSNP a mis en garde contre les effets d’aubaine et les pratiques commerciales abusives liés à la fin de la 2G et de la 3G. Vérifiez d’abord auprès du service habituel.
Le rôle de la carte SIM dans un boîtier 4G
- Le service. Un boîtier VoLTE exige une offre qui inclut la voix sur 4G, activée par l’opérateur ; un boîtier en voix sur IP se contente de données.
- La couverture dans le logement. Selon l’Arcep, les cartes de couverture des données mobiles de « Mon réseau mobile » sont des simulations des opérateurs qui décrivent la couverture à l’extérieur des bâtiments. Seul un essai à l’emplacement du boîtier tranche.
- Le nombre de réseaux. Une carte SIM multi-opérateur sécurise une liaison en données en limite de couverture. Pour la VoLTE, faites confirmer qu’elle fonctionne sur chacun des réseaux que la carte peut utiliser.
Ce que propose M2M Network
M2M Network fournit des cartes SIM M2M sur le réseau d’Orange, de SFR ou de Bouygues Telecom au choix, et des cartes SIM IoT multi-opérateurs qui basculent automatiquement d’un réseau à l’autre, en SIM physique ou en eSIM. Pour un boîtier qui transmet en voix sur IP, une carte data suffit, et les forfaits se commandent sur la boutique M2M Network. Pour un boîtier qui appelle en VoLTE, la voix et les SMS dépendent du forfait : indiquez le modèle du boîtier dans votre demande via la page contact. Avec l’option APN privé, un parc de boîtiers peut joindre une plateforme hébergée en France par Guardis, sur une infrastructure certifiée ISO 27001 et HDS, sans passer par l’Internet public.
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Questions fréquentes
S’il ne fonctionne qu’en 2G, oui, dès que l’opérateur de sa carte SIM éteint ce réseau. C’est fait depuis le 20 octobre 2026 pour les cartes Orange et Free, hors zones blanches réglementaires, et cela se fera du 15 novembre au 15 décembre 2026 pour SFR et Bouygues Telecom. Le service de téléassistance peut vous dire quelle technologie utilise le boîtier.
Le prestataire. Au Sénat, le directeur général de la Fédération française des télécoms a rappelé que la responsabilité de la migration incombe au fournisseur de services et non à l’utilisateur final. La prise en charge du coût dépend du contrat : demandez-la par écrit.
Non. La 3G ferme en 2028 chez Orange et fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom. Un boîtier 3G ne fait que reporter le remplacement de deux ou trois ans.
Parce qu’en 4G la voix passe par le service VoLTE ou par la voix sur IP. Un appareil 4G non compatible VoLTE garde l’accès aux données mais ses appels ne sont pas acheminés, explique Orange. L’Arcep demande de vérifier la compatibilité avec le paramétrage VoLTE de chaque opérateur et de faire des essais d’appel.
Selon l’étude PwC reprise dans le rapport du Sénat de février 2026, 120 000 dispositifs de téléassistance fonctionnaient en 2G et 180 000 en 3G au 1er janvier 2024. L’Arcep publie chaque trimestre un chiffre plus large, tous usages M2M confondus.
Il n’est pas touché par la fin de la 2G, mais le réseau cuivre ferme aussi : selon l’Arcep, sa fermeture technique se poursuit par lots jusqu’à fin 2030. Demandez au service de téléassistance quelle solution est prévue pour votre commune.
Sources
- Sénat, rapport d’information n° 380 (2025-2026) de M. Sébastien Fagnen sur les impacts de la mise en extinction des fréquences mobile 2G/3G (11 février 2026) : https://www.senat.fr/rap/r25-380/r25-3801.pdf
- Handicap.fr, Handicap : quels risques face à la fin des réseaux 2G/3G ? (24 août 2025) : https://informations.handicap.fr/a-handicap-quels-risques-face-a-la-fin-des-reseaux-2g-3g-38325.php
- CSNP, avis n° 2025-02 du 10 avril 2025 sur les conséquences liées à la fermeture des technologies 2G et 3G : https://csnp.fr/wp-content/uploads/2025/04/Avis-n%C2%B02025-02-du-10-avril-2025-sur-les-consequences-de-la-fin-des-technologies-2G-et-3G.pdf
- Arcep, Fermeture des réseaux mobiles 2G et 3G : ce qu’il faut anticiper (mise à jour du 10 septembre 2026) : https://www.arcep.fr/mes-demarches-et-services/entreprises/fiches-pratiques/extinction-reseaux-mobiles-2g-3g.html
- Arcep, Guide numérique des entreprises, édition 2026, fiche 16 : que va changer la fermeture des réseaux 2G et 3G pour les entreprises : https://www.arcep.fr/fileadmin/cru-1774267598/user_upload/demarches-et-services/entreprises/guide-numerique-entreprises-edition-2026/guide-numerique-des-entreprises_edition-2026_Fiche16.pdf
- Orange, Arrêt des réseaux 2G et 3G : https://reseaux.orange.fr/nos-reseaux/modernisation-des-reseaux/arret-2g-3g
- Arcep, Observatoire des cartes SIM 2G et 3G, chiffres à fin juin 2026 (mise à jour du 24 septembre 2026) : https://www.arcep.fr/cartes-et-donnees/nos-publications-chiffrees/observatoire-cartes-sim-2g-et-3g/cartes-sim-2g-3g-chiffres-fin-juin-2026.html
- GSMA, NG.121 2G-3G Sunset Guidelines, version 3.0 (janvier 2025) : https://www.gsma.com/newsroom/wp-content/uploads//NG.121-v3.0.pdf
- Pour les personnes âgées (portail national), La téléassistance (mise à jour du 30 janvier 2026) : https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-a-domicile/beneficier-daide-a-domicile/la-teleassistance
- EVS, CLC/TS 50134-9:2018, Alarm systems, Social alarm systems, Part 9 : IP Communications Protocol : https://evs.ee/en/clc-ts-50134-9-2018
- Tunstall, Lifeline Digital, Product Sheet : https://www.tunstall.com/globalassets/products/lifeline-digital-documentation/product-sheet/product_sheet_tunstall_lifeline-digital_v2-1.pdf
- 2N, brochure 2N EasyGate IP : passerelle analogique 4G compatible avec VoIP (version française) : https://products.schmersal.com/upload/orig/10/01/08/05/DOC_MAR_BRO_2n-ip-easygate_SFR_AIN_V1.pdf
- Arcep, La fermeture du réseau cuivre (mise à jour du 26 janvier 2026) : https://www.arcep.fr/nos-sujets/la-fermeture-du-reseau-cuivre.html
- Arcep, Mon réseau mobile : comment connaître et comparer la couverture et la qualité des services mobiles (rapport Territoires connectés 2024, fiche 3) : https://arcep.fr/fileadmin/cru-1714402758/user_upload/espace_collectivites/rapport-TC-2024/chapitre-01/ARCEP-RA2024-TOME_2-Chap1-Fiche3-NORME_A.pdf