Par Aurélie, M2M Network.

En bref : une téléalarme d’ascenseur en 2G ne peut plus appeler le centre d’assistance dès que l’opérateur de sa carte SIM éteint la 2G. Sur le réseau d’Orange, que suit Free, la 2G est arrêtée en métropole depuis le 20 octobre 2026, sauf dans les zones blanches réglementaires où elle s’arrête du 1er au 15 décembre ; SFR arrête sa 2G le 15 novembre 2026 ; Bouygues Telecom commence le 15 novembre et généralise du 1er au 15 décembre 2026. Il faut faire remplacer le module de communication par un modèle 4G, qui transporte la voix en VoLTE ou en voix sur IP, puis faire un essai d’appel depuis la cabine. Depuis le 1er avril 2026, le décret n° 2026-166 impose à l’ascensoriste de vérifier ce lien toutes les six semaines et, si le matériel repose sur la 3G, la 2G ou la ligne téléphonique fixe, d’alerter le propriétaire par lettre recommandée, au moins tous les six mois, jusqu’à sa mise à niveau.

Cet article s’adresse aux syndics, aux gestionnaires de patrimoine et aux ascensoristes. Le cas des alarmes intrusion et de la télésurveillance est traité dans notre article sur la fin de la 2G et de la 3G pour les alarmes.

Pourquoi une téléalarme d’ascenseur 2G devient muette

La téléalarme relie la cabine à un service d’intervention. Le Code de la construction et de l’habitation en fait l’un des neuf objectifs de sécurité d’un ascenseur : l’article R. 134-2 vise « la mise à la disposition des utilisateurs de moyens d’alerte et de communication avec un service d’intervention ». La Fédération des Ascenseurs décrit le principe simplement : le système fonctionne comme un téléphone, et l’usager qui appuie sur le bouton d’alarme est mis en relation avec un centre d’assistance.

Une grande partie de ces téléphones de cabine passe par un module radio GSM 2G ou 3G muni d’une carte SIM. Sur ces réseaux, un appel vocal emprunte un circuit téléphonique. La GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, rappelle dans son guide NG.121 sur l’extinction de la 2G et de la 3G (version 3.0, janvier 2025) que les appels des terminaux qui ne gèrent pas la voix sur 4G reposent sur un repli vers la 2G ou la 3G, le Circuit Switched Fallback, et qu’un appareil limité à ces technologies ne peut plus passer d’appel d’urgence une fois ces réseaux éteints.

La panne est silencieuse. La Fédération des Ascenseurs le précise : si rien n’est fait, ce n’est pas le fonctionnement de l’ascenseur qui est touché, mais uniquement son système de communication. Une personne bloquée en cabine ne peut plus joindre personne, et l’installation ne remplit plus l’objectif de sécurité de l’article R. 134-2.

Calendrier de la fin de la 2G et de la 3G par opérateur

La date qui compte est celle de l’opérateur de la carte SIM du module. Voici le calendrier publié par l’Arcep (page mise à jour le 10 septembre 2026) et par les opérateurs :

Opérateur de la carte SIMFin de la 2G en métropoleFin de la 3G
Orangepar vagues depuis le 31 mars 2026 ; 44 départements le 6 octobre et les 43 derniers le 20 octobre 2026 ; zones blanches réglementaires du 1er au 15 décembre 20262028
Free Mobilepas de réseau 2G en propre, même calendrier qu’Orangenon annoncée
SFR15 novembre 2026fin 2028
Bouygues Telecomà partir du 15 novembre 2026 dans quelques communes, généralisation du 1er au 15 décembre 2026fin 2029

L’Arcep prévient que ces dates peuvent encore évoluer. Deux conséquences pratiques en découlent. Un module 2G équipé d’une carte Orange ou Free est déjà hors service, hors zones blanches. Un module 3G ne fait que reporter le problème à fin 2028 ou fin 2029, alors que la réglementation vise déjà la 3G. Tous usages confondus, l’Arcep comptait encore, à fin juin 2026, 0,62 million de cartes SIM M2M dans des appareils 2G seule et 1,39 million dans des appareils 2G/3G.

Combien d’ascenseurs sont concernés

En octobre 2024, la Fédération des Ascenseurs annonçait 232 000 systèmes de téléalarme en 2G et 58 000 en 3G à mettre à jour ou à remplacer, soit près de la moitié du parc. Elle demandait aux opérateurs et à l’Arcep un report d’au moins deux ans, sans succès à l’époque. Ces chiffres sont encore repris par la presse en septembre 2026. Dans sa note du 24 août 2026, la Fédération les actualise : environ 230 000 ascenseurs fonctionnent encore en 2G et près de 60 000 en 3G, sur un parc d’environ 661 000 appareils (données à fin 2025).

La difficulté est d’abord une affaire d’organisation. Selon la Fédération, l’intervention consiste le plus souvent à remplacer le module de communication de la téléalarme et se fait en quelques heures, mais elle doit être menée sur des centaines de milliers d’appareils, en plus de l’entretien et des dépannages courants. Pour le budget, Maire-info cite le magazine IRC : de 800 à 1 500 euros par ascenseur, davantage en cas de remplacement complet.

Ce que dit la loi : le décret du 4 mars 2026

Le décret n° 2026-166 du 4 mars 2026, publié au Journal officiel du 6 mars, adapte le Code de la construction et de l’habitation à l’arrêt des réseaux mobiles de deuxième et de troisième génération. Il vise tous les moyens d’alerte qui fonctionnent grâce au réseau téléphonique commuté fixe ou à un réseau mobile de troisième génération ou antérieur : la 2G, la 3G et la ligne cuivre analogique sont traitées ensemble.

ObligationTexteEn vigueur depuisQui
Vérifier toutes les six semaines le bon fonctionnement des moyens d’alerte et de communication avec le service d’interventionCCH, art. R. 134-6, 1° f1er avril 2026entreprise d’entretien
Alerter le propriétaire par lettre recommandée avec avis de réception si ces moyens reposent sur la ligne fixe, la 3G ou antérieur et exigent des travaux, puis au moins tous les six moisCCH, art. R. 134-6, 1°1er avril 2026entreprise d’entretien
Remplacer ces moyens d’alerte et de communicationCCH, art. R. 134-6, 2° d1er avril 2026propriétaire
Vérifier, lors du contrôle technique quinquennal, leur compatibilité avec d’autres réseaux que la ligne fixe et la 3G et antérieurCCH, art. R. 134-11, a15 mai 2026contrôleur technique, mandaté par le propriétaire

Le décret ne touche pas au principe posé par l’article L. 134-3 : l’entretien de l’ascenseur incombe à son propriétaire, qui le confie en général à un prestataire par contrat écrit. Côté technique, la téléalarme relève de la norme NF EN 81-28, consacrée à la téléalarme des ascenseurs, dont l’édition en vigueur date de juin 2022.

Qui fait quoi : propriétaire, syndic, ascensoriste, assemblée générale

Le point qui surprend souvent figure à l’article R. 134-7 : le contrat d’entretien minimal couvre les obligations de l’article R. 134-6, « exception faite de l’alinéa d du 2° ». Le remplacement de la téléalarme n’est donc pas compris d’office dans le contrat. C’est une dépense que le propriétaire commande et paie, sur devis, sauf si son contrat va au-delà du minimum.

  • Le propriétaire, en copropriété le syndicat des copropriétaires, décide et finance le remplacement, et fait réaliser le contrôle technique tous les cinq ans.
  • Le syndic représente le syndicat : il reçoit la lettre recommandée de l’ascensoriste, demande les devis et porte la décision à l’assemblée générale. L’ANIL range à la majorité de l’article 24 les travaux d’entretien des parties communes et les travaux rendus obligatoires par la loi ou le règlement en matière de sécurité.
  • L’ascensoriste titulaire du contrat vérifie la liaison toutes les six semaines, alerte par écrit, chiffre le remplacement et le réalise s’il est retenu.
  • Le bailleur ou le gestionnaire d’un parc joue le rôle du propriétaire, à l’échelle de dizaines ou de centaines d’appareils.

Pour un syndic ou un gestionnaire, la marche à suivre tient en six étapes :

  1. Demander à l’ascensoriste, pour chaque appareil, la technologie du module (2G, 3G, 4G, ligne fixe, IP) et l’opérateur de sa carte SIM.
  2. Classer les appareils par date de coupure : cartes Orange et Free d’abord, puisque leur 2G est déjà arrêtée, puis SFR et Bouygues Telecom avant le 15 novembre 2026.
  3. Obtenir un devis qui précise la solution retenue (module 4G VoLTE ou passerelle voix sur IP), qui fournit la carte SIM et la date d’intervention.
  4. Faire voter la dépense en assemblée générale, ou convoquer une assemblée si la prochaine arrive après la date de coupure.
  5. Après la pose, faire un appel réel depuis la cabine jusqu’au centre d’assistance et le faire consigner au carnet d’entretien.
  6. Conserver ces éléments pour le contrôle technique quinquennal, qui vérifie ce point depuis le 15 mai 2026.

Pourquoi la phonie demande la VoLTE en 4G

En 4G, la voix ne passe plus par un circuit téléphonique : elle est transportée en paquets IP, soit par le service VoLTE (Voice over LTE) de l’opérateur, soit en voix sur IP vers un serveur. Orange l’explique pour les téléphones : un appareil 4G qui n’est pas compatible VoLTE continue d’accéder aux données, mais ses appels voix ne peuvent pas être acheminés. Le profil de la voix sur 4G est défini par la GSMA dans son document IR.92.

Pour un module de téléalarme, l’Arcep donne une consigne précise dans son guide numérique des entreprises, édition 2026 : pour un équipement qui reposait sur la 2G ou la 3G pour la voix, vérifier auprès du fabricant sa compatibilité avec le paramétrage VoLTE de chaque opérateur, puis faire des essais d’appel en 4G. La mention « 4G » sur un module ne suffit donc pas.

MatérielTransport de l’appelCe que la carte SIM doit offrirPoint de vigilance
Module 2G (GSM)voix en circuit sur la 2Gvoix 2Ginutilisable dès la coupure
Module 3Gvoix en circuit sur la 3Gvoix 3Gfin de la 3G fin 2028 ou fin 2029, déjà visé par le décret
Module 4G VoLTEvoix sur 4G (VoLTE) vers le numéro du centrevoix avec VoLTE activéecompatibilité avec le paramétrage VoLTE de l’opérateur, essai réel
Passerelle 4G voix sur IP (SIP)données IP vers un serveur SIPdonnéesle centre d’assistance doit accepter les appels SIP

Le choix entre les deux solutions 4G n’est pas neutre. Le fabricant 2N, qui commercialise une passerelle 4G pour ascenseurs, indique que la 2G, la 3G et la VoLTE déforment souvent les tonalités DTMF, ces signaux qui servent à identifier l’ascenseur lors d’un appel d’urgence, et que seule la voix sur IP avec le protocole SIP garantit leur transmission. La VoLTE, elle, conserve un appel téléphonique classique vers le numéro du centre. L’ascensoriste et le centre d’assistance tranchent, appareil par appareil, selon ce que le centre sait recevoir.

Le rôle de la carte SIM

La carte SIM fixe la date de coupure, le service disponible et une partie de la qualité de liaison. Cinq points à vérifier :

  • Le service : un module VoLTE exige une offre qui inclut la voix sur 4G, activée par l’opérateur ; une passerelle voix sur IP se contente de données. Le manuel du module SafeLine GL1-4G invite à se renseigner auprès du fournisseur sur la 4G et la VoLTE, et recommande de ne pas activer la boîte vocale de la carte.
  • La compatibilité : changer la carte ne remplace jamais le changement de module. SafeLine précise que son ancien module GL1, limité à la 2G (900/1800 MHz), ne fonctionne pas avec une carte qui ne supporte que la 3G et la 4G.
  • La couverture : une cabine circule dans une gaine maçonnée ou métallique, parfois en sous-sol. Selon l’Arcep, les cartes de couverture de son site « Mon réseau mobile » sont des simulations des opérateurs, et celles des données mobiles décrivent la couverture à l’extérieur des bâtiments. Seule une mesure à l’emplacement du module tranche ; le SafeLine GL1 est par exemple livré avec une antenne munie d’un câble de 3 mètres.
  • Le nombre de réseaux : une carte multi-opérateurs peut utiliser plusieurs réseaux, ce qui aide une passerelle en données. Pour un module VoLTE, faites confirmer que la voix sur 4G fonctionne sur chacun des réseaux utilisés : la GSMA rappelle qu’en itinérance, la voix sur 4G n’est disponible que si elle a été ouverte entre les opérateurs.
  • Pas de retour au fixe : la DGE et l’Arcep rappellent qu’Orange a annoncé la fermeture commerciale du réseau cuivre en janvier 2026 et sa fermeture technique d’ici 2030. Le décret vise d’ailleurs la ligne fixe comme la 3G.

Ce que propose M2M Network

M2M Network fournit des cartes SIM M2M sur le réseau d’Orange, de SFR ou de Bouygues Telecom au choix, ainsi que des cartes SIM IoT multi-opérateurs, en eSIM ou en SIM physique, avec en option l’IP fixe, la 5G et l’APN privé. Pour une passerelle de téléalarme qui transmet en voix sur IP, une carte SIM data suffit, et les forfaits se commandent sur la boutique. Pour un module qui appelle en VoLTE, la carte doit inclure la voix sur 4G sur le réseau choisi : indiquez le modèle du module dans votre demande via la page contact, et faites un essai d’appel depuis la cabine avant de généraliser. Les options sont détaillées sur notre page carte SIM M2M.

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Questions fréquentes

Un ascenseur s’arrête-t-il quand sa téléalarme 2G ne fonctionne plus ?

Pas de lui-même : la Fédération des Ascenseurs précise que seul le système de communication est touché. En revanche, une personne bloquée en cabine ne peut plus appeler, et l’appareil ne remplit plus l’objectif de sécurité de l’article R. 134-2 du Code de la construction et de l’habitation. La Fédération signale que certains propriétaires décident alors de mettre l’ascenseur à l’arrêt.

Le remplacement de la téléalarme est-il inclus dans le contrat d’entretien ?

Pas dans le contrat minimal : l’article R. 134-7 exclut des clauses obligatoires le remplacement des moyens d’alerte prévu à l’alinéa d du 2° de l’article R. 134-6. C’est une dépense du propriétaire, sur devis. Votre contrat peut toutefois aller au-delà du minimum : relisez-le avant de commander.

Une téléalarme en 3G peut-elle attendre 2028 ?

Le réseau 3G fonctionnera jusqu’en 2028 chez Orange, jusqu’à fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom. Mais le décret du 4 mars 2026 vise déjà les moyens d’alerte en 3G : l’ascensoriste doit vous alerter par lettre recommandée au moins tous les six mois, et le contrôle technique vérifie la compatibilité avec d’autres réseaux depuis le 15 mai 2026. Passer directement à la 4G évite une seconde intervention.

Faut-il une carte SIM avec voix pour une téléalarme 4G ?

Cela dépend du matériel. Un module VoLTE téléphone sur le réseau mobile et exige une offre qui inclut la voix sur 4G, activée par l’opérateur. Une passerelle voix sur IP n’utilise que des données, mais le centre d’assistance doit accepter les appels SIP.

Comment savoir si notre téléalarme est en 2G ?

Demandez-le à votre ascensoriste : depuis le 1er avril 2026, il doit vous alerter par lettre recommandée si le matériel repose sur la 3G, la 2G ou la ligne fixe et qu’une mise à niveau est nécessaire. La fiche technique du module l’indique aussi : un modèle limité au GSM 900/1800 MHz, comme l’ancien SafeLine GL1, est un module 2G.

Combien coûte la mise à niveau d’une téléalarme d’ascenseur ?

Maire-info, citant le magazine IRC, évoque de 800 à 1 500 euros par ascenseur, davantage en cas de remplacement complet. Selon la Fédération des Ascenseurs, l’intervention se limite le plus souvent au remplacement du module de communication et dure quelques heures. Demandez un devis détaillé à votre ascensoriste.

Sources