Par Aurélie, M2M Network.
En bref : non, aucune date d’arrêt de la 4G ni de la 5G n’a été annoncée en France. Au 21 octobre 2026, ni l’Arcep ni Orange, SFR, Bouygues Telecom ou Free Mobile n’en publient : les arrêts programmés concernent la 2G, en 2026, et la 3G, de 2028 à 2029, et l’Arcep écrit que les réseaux « continueront à fonctionner avec les technologies 4G et 5G ». Un appareil 4G capable de téléphoner en 4G (VoLTE) reste donc le minimum que l’Arcep conseille de vérifier à l’achat, d’autant que la 5G utilisée aujourd’hui s’appuie encore largement sur la 4G.
Cet article rassemble ce que l’on sait réellement de l’avenir de la 4G et de la 5G, source par source. Le calendrier complet, génération par génération, est sur notre page dates d’arrêt des réseaux 2G, 3G, 4G et 5G ; les appareils touchés par la fin de la 3G sont détaillés dans fin de la 3G en France.
Arrêt de la 4G : ce que l’Arcep et les opérateurs ont annoncé
La fiche pratique de l’Arcep sur la fermeture des réseaux 2G et 3G, mise à jour le 10 septembre 2026, ne donne de calendrier que pour ces deux technologies. Elle rappelle que les opérateurs ont annoncé à partir de 2022 leurs plans d’extinction « pour un basculement total vers les réseaux de nouvelles générations 4G et 5G ». Le 30 mars 2026, en publiant le rapport de son comité d’experts techniques sur l’effet de ces arrêts sur la couverture, l’Autorité écrivait que les réseaux mobiles « continueront à fonctionner avec les technologies 4G et 5G ».
Les opérateurs disent la même chose sur leurs propres pages :
- Orange arrête sa 3G en 2028 et précise qu’elle « sera progressivement remplacée par la 4G et la 5G » ;
- Bouygues Telecom aura totalement arrêté sa 2G le 15 décembre 2026 « pour laisser place à la 4G et à la 5G », puis arrêtera sa 3G en 2029 ;
- SFR Business accompagne ses clients « vers des technologies plus pérennes que sont la 4G, la 5G et les réseaux bas débit ou longue portée tels que les réseaux NB-IoT et LTE-M » ;
- Free conseille à ses abonnés concernés de s’équiper d’un téléphone compatible 4G ou 5G.
Aucune de ces pages ne mentionne de date, ni même d’horizon, pour une fin de la 4G ou de la 5G. Si vous lisez le contraire ailleurs, demandez la source : à ce jour, ni le régulateur ni les quatre opérateurs n’en ont publié.
Fréquences et obligations de couverture : un cadre qui court jusqu’aux années 2030
Les opérateurs exploitent leurs réseaux grâce à des autorisations d’utilisation de fréquences délivrées par l’Arcep. Dans l’Hexagone, ces autorisations arrivent à échéance entre 2030 et 2035, sauf celles de la bande 3,5 GHz de la 5G, délivrées le 12 novembre 2020 pour 15 ans, avec une prolongation possible de 5 ans jusqu’en 2040. Le 23 juillet 2026, l’Arcep a lancé une deuxième consultation publique pour préparer leur réattribution ; les conditions envisagées « jusque 2035 » prévoient « la reconduction des obligations existantes et l’introduction de nouvelles obligations ».
Ces autorisations n’imposent pas de technologie. Devant la commission du Sénat, le directeur Mobile et Innovation de l’Arcep a rappelé que les obligations de couverture sont rédigées « selon le principe de neutralité technologique » : l’obligation de couvrir 99,8 % de la population en bonne couverture voix, avec différentes échéances d’ici 2031, s’applique quelle que soit la technologie, et une fois la 2G et la 3G éteintes, les opérateurs devront la remplir avec leur réseau 4G. Le cadre réglementaire ne fixe donc pas de durée de vie à la 4G, et rien, dans ces textes, n’annonce sa fin.
Combien de temps dure une génération de réseau mobile
Aucune norme ne fixe de durée : en France, l’Arcep rappelle que les décisions d’extinction « relèvent de la stratégie des opérateurs ». Le passé donne en revanche des ordres de grandeur, tous tirés de sources publiques :
| Génération | Mise en service en France | Arrêt annoncé | Ordre de grandeur |
|---|---|---|---|
| 2G | Début des années 1990 (1991 chez SFR, selon l’opérateur) | 2026 | Plus de 35 ans, selon la Fédération française des télécoms |
| 3G | Années 2000 (2000 chez SFR, selon l’opérateur) | 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR, fin 2029 chez Bouygues Telecom, pas encore annoncé chez Free Mobile | Environ 28 ans chez SFR, d’après ses propres dates |
| 4G | Fin 2012 : première offre d’Orange le 22 novembre 2012 pour les entreprises, février 2013 pour le grand public | Aucune date annoncée | 14 ans en 2026, toujours en service |
| 5G | Fin 2020 (premières offres commerciales en métropole) | Aucune date annoncée | 6 ans en 2026 |
À l’étranger, les fermetures déjà réalisées touchent elles aussi la 2G et la 3G. Le rapport du Sénat de février 2026 rappelle qu’aux États-Unis la fermeture de la 2G a commencé en 2017 chez AT&T et que les trois opérateurs nationaux ont cessé la 3G en 2022. La Fédération française des télécoms y cite la Suisse, sans 2G et dont la 3G devait disparaître d’ici fin 2025, l’Allemagne, qui a éteint sa 3G fin 2021, et plus de 200 réseaux 2G et 3G fermés dans le monde entre 2010 et 2024.
Il existe un cas de fermeture d’un réseau 4G, mais il ne tient pas à la technologie : aux États-Unis, T-Mobile avait confirmé au magazine Light Reading, en août 2021, qu’il fermerait au plus tard le 30 juin 2022 le réseau 4G de Sprint, opérateur qu’il venait de racheter, pour regrouper ses clients sur son propre réseau.
Les projections de la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, vont dans le même sens. Dans son rapport The Mobile Economy 2026, elle prévoit qu’en 2030, 57 % des connexions mobiles dans le monde passeront par la 5G (82 % en Europe), contre 1 % pour la 2G et 5 % pour la 3G : par différence, plus d’un tiers des connexions mondiales seront encore en 4G. La GSMA situe l’arrivée de la 6G dans les années 2030 et juge un déploiement généralisé peu probable avant.
La 5G s’appuie encore sur la 4G
La 5G a d’abord été déployée en mode dit non autonome (NSA, pour Non Stand Alone). L’Arcep l’expliquait en novembre 2020 : « pour quelques années encore en France, la 5G fonctionnera avec un cœur de réseau 4G ». Le téléphone doit alors être couvert à la fois par la bande 5G et par une bande 4G dite d’ancrage, qui porte la signalisation ; la couverture 5G réelle est la plus petite des deux. L’Arcep ajoute que le logo 5G affiché à l’écran ne prouve pas que le service 5G est disponible.
La 5G autonome (SA, pour Stand Alone), avec son propre cœur de réseau, reste minoritaire dans l’usage. Selon des mesures d’Opensignal sur le premier trimestre 2026, citées par DegroupTest, les abonnés de Free Mobile ont passé 14,1 % de leur temps en 5G autonome, ceux de Bouygues Telecom 0,7 %, ceux d’Orange et de SFR 0,5 %. Tant que la 5G passe par un cœur de réseau et une bande d’ancrage 4G, couper la 4G couperait aussi cette 5G.
La voix suit la même logique. Le profil de la GSMA pour la voix sur les réseaux 5G (document NG.114) impose que le téléphone et le réseau sachent replier un appel vers le système 4G, une procédure appelée EPS fallback : même en 5G autonome, un appel peut donc être acheminé en 4G.
La voix sur 4G (VoLTE), le vrai point à vérifier
Sans 2G ni 3G, les appels et les SMS passent par la 4G grâce à la VoLTE (Voice over LTE), que l’Arcep définit comme « la fonctionnalité permettant de réaliser des appels vocaux sur le réseau 4G ». C’est le principal piège d’un appareil 4G : Orange rappelle que « certains téléphones 4G ne sont pas compatibles avec la VoLTE » ; ils gardent l’internet mobile, mais leurs appels voix ne peuvent pas être acheminés.
Côté couverture, le rapport publié par l’Arcep le 30 mars 2026 conclut que les opérateurs « ont les moyens de gérer l’extinction de la 2G puis de la 3G sans une régression de la couverture mobile » pour les clients équipés de téléphones compatibles VoLTE. Les mesures de terrain de l’Arcep en 2025 montraient déjà que, pour ces téléphones, moins de 0,1 % des communications réussies passaient par la 2G et moins de 0,9 % par la 3G. Pour vérifier un appareil précis, suivez notre méthode pas à pas : mon téléphone ou mon appareil est-il concerné ?
LTE-M et NB-IoT : la 4G des objets fait partie de la 5G
Pour les objets connectés, le 3GPP, l’organisme qui écrit les normes mobiles, a défini deux variantes de la 4G dont les premières spécifications datent de 2016 (Release 13) : le LTE-M, aussi appelé eMTC, et le NB-IoT. SFR Business les décrit comme des technologies cellulaires dérivées de la 4G et dédiées à l’IoT, adaptées aux objets sur batterie placés dans des endroits difficiles d’accès, par exemple en sous-sol. Leurs différences sont expliquées dans LTE-M ou NB-IoT.
Leur avenir est explicitement rattaché à la 5G. Dans un document d’octobre 2024, la GSMA écrit qu’en tant que « partie intégrante de la 5G », le NB-IoT et le LTE-M ont vocation à être pris en charge par les opérateurs « dans un avenir prévisible » (traduction), et qu’ils coexistent avec les autres composantes de la 5G. Leur déploiement en France, opérateur par opérateur, est détaillé dans notre guide LTE-M en France.
Pourquoi acheter un appareil 4G aujourd’hui reste un bon choix
Pour un téléphone, une alarme, un boîtier de téléassistance ou un routeur acheté en 2026, les éléments publics convergent :
- aucune date d’arrêt de la 4G n’est annoncée, alors que celles de la 2G et de la 3G le sont depuis 2022 ;
- la 4G couvre plus de 99,9 % de la population métropolitaine, et plus de 99,8 % des sites 2G et 3G en sont déjà équipés, selon l’Arcep ;
- la 5G en service s’appuie encore largement sur la 4G, pour la signalisation comme pour la voix ;
- l’Arcep conseille, pour un téléphone destiné à servir après la fermeture de la 2G et de la 3G, de vérifier « a minima » la compatibilité 4G, y compris la fonction d’appel sur 4G (VoLTE) ;
- pour les objets peu gourmands en données, le LTE-M et le NB-IoT sont rattachés par la GSMA à la 5G.
Pour un appareil qui doit téléphoner, la bonne question est donc moins « 4G ou 5G ? » que « voix sur 4G ou pas ? ». À l’inverse, un appareil seulement 3G n’est plus un bon achat : la 3G s’arrête en 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom, et Free Mobile n’a pas encore annoncé sa date.
Comment les arrêts de réseau sont annoncés
Pour la 2G et la 3G, les opérateurs ont publié leurs plans à partir de 2022, soit quatre à sept ans avant les arrêts de 2026 à 2029. Selon la Fédération française des télécoms, ils l’ont fait sur leurs sites, puis par courriel aux clients concernés. Dans son rapport de février 2026, le Sénat a recommandé de « faire de l’Arcep la vigie des bascules technologiques futures afin de veiller à leur bon déroulement ». L’Arcep publie enfin chaque trimestre un observatoire des cartes SIM encore utilisées dans des appareils 2G ou 3G : c’est la référence à suivre.
Ce que propose M2M Network
M2M Network, marque de MUONA SAS, vend des cartes SIM M2M 4G et 5G pour les objets connectés, sur le réseau de votre choix parmi Orange, SFR et Bouygues Telecom, ainsi que des cartes multi-opérateurs qui basculent automatiquement d’un réseau à l’autre. Elles s’adressent aux professionnels comme aux particuliers et se commandent sur la boutique. Pour faire passer en 4G un parc d’objets 2G ou 3G, la page contact permet de demander une offre sur mesure.
À lire aussi
- Arrêt des réseaux 2G, 3G, 4G et 5G en France : toutes les dates prévues
- LTE-M en France : couverture, opérateurs et objets concernés
- Fin de la 3G en France : à quelle date, quels appareils, que faire
Questions fréquentes
Aucune date n’est annoncée. Au 21 octobre 2026, ni l’Arcep ni Orange, SFR, Bouygues Telecom ou Free Mobile n’ont publié de calendrier pour la 4G. Seules la 2G (2026) et la 3G (de 2028 à 2029 chez Orange, SFR et Bouygues Telecom) ont une date d’arrêt. L’Arcep indique que les réseaux continueront à fonctionner avec la 4G et la 5G.
Non. Elle a été lancée commercialement fin 2020, et sa bande principale, la 3,5 GHz, est attribuée pour 15 ans avec une prolongation possible jusqu’en 2040. La GSMA situe l’arrivée de la génération suivante, la 6G, dans les années 2030.
Pas aujourd’hui : la 5G utilisée en France fonctionne surtout en mode non autonome, avec un cœur de réseau et une bande d’ancrage 4G. Même en 5G autonome, la norme de la GSMA prévoit le repli des appels vers la 4G. La GSMA prévoit encore plus d’un tiers de connexions 4G dans le monde en 2030.
Oui pour l’internet mobile. Pour les appels et les SMS, il doit aussi être compatible VoLTE, la voix sur 4G, car Orange rappelle que certains téléphones 4G ne le sont pas. Vérifiez la fiche du modèle et les pages d’assistance de votre opérateur, et installez les mises à jour du logiciel.
Non. Aucune date d’arrêt n’est annoncée pour la 4G, et la GSMA rattache le LTE-M et le NB-IoT, variantes de la 4G pour les objets, à la 5G. Vérifiez surtout que l’appareil gère la voix sur 4G s’il doit téléphoner, comme une téléassistance ou une téléalarme d’ascenseur.
Aucune norme ne fixe de durée : chaque opérateur décide. En France, la 2G aura servi plus de 35 ans selon la Fédération française des télécoms, et SFR arrête en 2028 une 3G qu’il date de 2000. La 4G, ouverte fin 2012, n’a pas de date d’arrêt annoncée.
Sources
- Arcep, Fermeture des réseaux mobiles 2G et 3G : ce qu’il faut anticiper (fiche entreprises, collectivités et syndics, mise à jour du 10 septembre 2026) : https://www.arcep.fr/mes-demarches-et-services/entreprises/fiches-pratiques/extinction-reseaux-mobiles-2g-3g.html
- Arcep, L’Arcep publie un rapport sur l’impact de l’extinction des technologies 2G et 3G sur la couverture des réseaux mobiles (communiqué du 30 mars 2026) : https://www.arcep.fr/actualites/actualites-et-communiques/detail/n/reseaux-mobiles-300326.html
- Arcep, L’Arcep lance une deuxième consultation publique pour préparer les futures attributions de fréquences mobiles en France hexagonale (23 juillet 2026) : https://www.arcep.fr/actualites/actualites-et-communiques/detail/n/frequences-230726.html
- Arcep, rapport Territoires connectés 2021, chapitre 1, fiche 2 : la 5G : https://www.arcep.fr/fileadmin/user_upload/espace_collectivites/rapport-TC-2021/chapitre-01/ARC-RA2021-TOME2-Chapitre1-Fiche2.pdf
- Arcep, Aspects techniques de la 5G : imbrication entre 4G et 5G (10 novembre 2020) : https://www.arcep.fr/fileadmin/cru-638195168/user_upload/grands_dossiers/5G/aspects-techniques-5G-imbrication-entre-4G-et-5G.pdf
- Sénat, rapport d’information n° 380 (2025-2026) de M. Sébastien Fagnen sur les impacts de la mise en extinction des fréquences mobile 2G/3G (11 février 2026) : https://www.senat.fr/rap/r25-380/r25-3801.pdf
- Orange, Fin de la 2G et 3G (Réseaux Orange) : https://reseaux.orange.fr/nos-reseaux/modernisation-des-reseaux/arret-2g-3g
- Bouygues Telecom, Arrêt de la 2G : tout ce que vous devez savoir : https://www.bouyguestelecom.fr/reseau/arret-2g
- SFR Business, Arrêt 2G et 3G en France : dates, solutions et alternatives : https://www.sfrbusiness.fr/assistance/ma-telephonie-mobile/arret-2g-3g-france.html
- Free, Assistance : Arrêt de la 2G, qu’est-ce que c’est ? : https://assistance.free.fr/articles/1927
- Le Monde Informatique, La 4G d’Orange se déploie à Lille, Lyon et Nantes pour les entreprises (22 novembre 2012) : https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-la-4g-d-orange-se-deploie-a-lille-lyon-et-nantes-pour-les-entreprises-51371.html
- Light Reading, T-Mobile to shutter Sprint’s LTE network on June 30, 2022 (3 août 2021) : https://www.lightreading.com/5g/t-mobile-to-shutter-sprint-s-lte-network-on-june-30-2022
- GSMA, The Mobile Economy 2026 (février 2026) : https://www.gsma.com/solutions-and-impact/connectivity-for-good/mobile-economy/wp-content/uploads/2026/02/The-Mobile-Economy-2026.pdf
- GSMA, Mobile IoT in a 5G Future: NB-IoT and LTE-M in the context of 5G (octobre 2024) : https://www.gsma.com/solutions-and-impact/technologies/internet-of-things/wp-content/uploads/2024/10/Mobile-IoT-in-a-5G-Future-Final.pdf
- GSMA, NG.114 IMS Profile for Voice, Video and Messaging over 5GS, version 9.0 (27 janvier 2024) : https://www.gsma.com/newsroom/wp-content/uploads/NG.114-v9.0.pdf
- 3GPP, Standardization of NB-IOT completed (juin 2016) : https://www.3gpp.org/news-events/3gpp-news/nb-iot-complete
- DegroupTest, 5G+ : un seul opérateur français joue vraiment le jeu de la 5G Standalone (19 juin 2026), d’après Opensignal : https://www.degrouptest.com/actualite/5g-standalone-france-free-loin-devant-opensignal